La communauté musulmane se mobilise pour Samuel Paty

La communauté musulmane se mobilise pour Samuel Paty ©Panoramic

, publié le samedi 24 octobre 2020 à 15h55

Plusieurs manifestations et prières ont eu lieu ces derniers jours pour rendre hommage au professeur assassiné le 16 octobre dernier et pour appeler à combattre l'islamisme radical.

Une semaine après l'assassinat de Samuel Paty, les musulmans continuent de se mobiliser à la mémoire du professeur décapité le 16 octobre dernier à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Que ce soit à Laval (Mayenne), à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) ou encore à Cherbourg (Manche), les imams ont adapté leur prêche pour honorer la mémoire de celui qui a perdu la vie pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression.

Vendredi 23 octobre, l'imam de Laval a ainsi consacré la grande prière à Samuel Paty, avec pour ses fidèles, un message clair : "Tout musulman doit condamner ce crime." Un avis que semblent partager les fidèles présents à la mosquée ce jour. "Ce n'est pas l'islam que le prophète nous a conseillé. C'est un islam de barbarie, c'est un islam intolérable", insiste un fidèle au micro de France 3.

"Tuer ce n'est pas l'islam"

Pour la grande prière de vendredi, le Conseil français du culte musulman (CFCM) avait fait circuler un texte pour inciter les imams à aborder le sujet. Un texte dénonçant le "radicalisme (...) se réclamant de l'islam" et "l'assassinat horrible" de Samuel Paty. Mais il a également appelé les musulmans à ne plus réagir aux caricatures se Mahomet. Ainsi, à Ivry-sur-Seine, l'imam a évoqué le sort du professeur pendant près de 40 minutes. "Si tu t'en prends à l'homme, c'est que tu t'éloignes de ce que Dieu a voulu à la base", a-t-il lancé à ses fidèles.



À Cherbourg, c'est sous une autre forme que les musulmans ont tenu à rendre hommage à Samuel Paty. À l'initiative de la mosquée locale, une marche blanche a été organisée. Ainsi, comme le relate France 3 Normandie, une centaine de personnes ont défilé, avec comme slogan "Quand notre république est touchée, nous sommes touchés !". À la mosquée de Cherbourg-Octeville, là aussi, le prêche du vendredi a été en grande partie consacré à Samuel Paty. "N'importe où en France, on peut prier, ce pays est rempli de respect. Nous sommes des citoyens dans ce pays. Ce qu'il s'est passé avec ce professeur, ce n'est pas l'islam, tuer ce n'est pas l'islam", a ainsi lancé l'imam à ses fidèles.

Un plan de lutte contre la radicalisation

Même résonance du côté de la Grande Mosquée Mohammed VI de Saint-Étienne où l'imam Tarek Abou Nour a fermement condamné "cet acte odieux et barbare" et a appelé à l'ouverture, comme le rapporte France Bleu Saint-Étienne Loire. "Ceux qui ne sont pas musulmans peuvent croire que l'islam, ça incite au crime alors que ça n'a rien à voir. Il faut ouvrir les mosquées, il faut être ouvert à tous ceux qui veulent connaître la vérité. Il faut des portes ouvertes, des ateliers, il faut ouvrir des conférences pour expliquer les choses."

Dans un communiqué publié vendredi 23 octobre, et relayé par franceinfo, le Conseil français du culte musulman a annoncé qu'il allait élaborer un "plan de lutte contre toutes les formes de radicalisme et d'extrémisme". Une réunion est prévue le 1er novembre pour commencer à plancher sur ce plan qui vise à "immuniser la jeunesse française face à la propagande des prêcheurs de la haine et de la division". Par ailleurs, le CFCM a annoncé la création d'une commission chargée "d'élaborer un programme commun de formation des imams et aumôniers de France".

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