La CGT ne porte "aucune responsabilité" dans les violences, selon Philippe Martinez

La CGT ne porte "aucune responsabilité" dans les violences, selon Philippe Martinez
Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, à Martigues, dans le sud de la France, le 11 juin 2016.

Orange avec AFP, publié le mercredi 15 juin 2016 à 22h41

- Alors que Manuel Valls impute à la CGT les violences de la manifestation du 14 juin contre la loi Travail, Philippe Martinez réfute le rôle de son syndicat dans les violences et conteste une éventuelle solidarité avec les "casseurs". -

À la suite des violences et des dégradations liées à la dernière manifestation parisienne contre la loi El Khomri, le secrétaire général de la CGT a tenu à se distancier des "casseurs" et a également affirmé que son syndicat "ne portait aucune responsabilité sur ce qui se passe en marge des manifestations".

"Le Premier ministre a laissé entendre qu'il y aurait complicité entre le service d'ordre de la CGT et les casseurs", a-t-il dénoncé sur France 2 mercredi 15 juin, en parlant de "provocations". Selon lui, il n'y a "aucune relation entre ce que font les casseurs et les manifestants".

"IL FAUT STOPPER LES CASSEURS"

Plus tôt dans la journée, le préfet de police de Paris, Michel Cadot, avait lui aussi évoqué "une forme de solidarité" entre des manifestants, dont certains brandissant des drapeaux de la CGT, et les casseurs lors de la manifestation de mardi. Une "nébuleuse d'environ mille casseurs, qui se sont progressivement positionnés en tête de cortège, mélangés à environ 3.000 manifestants, a priori pas violents mais qui restaient à proximité", étaient présent dans la manifestation, selon le préfet, qui évoque une forme de "solidarité passive" entre ces militants et les "casseurs".

Mais selon Philippe Martinez, les débordements ne sont pas de la responsabilité de la CGT. Le syndicat rappelle par ailleurs que la mobilisation a été organisée par sept organisations syndicales de salariés et de jeunesse. "C'est aux pouvoirs publics d'assurer la sécurité et le maintien de l'ordre", indique la CGT sur son site. Face aux violences, les organisations syndicales "demandent au gouvernement de garantir les bonnes conditions d'exercice du droit de manifester". "Il est de sa responsabilité d'assurer la sécurité et le maintien de l'ordre", souligne un communiqué de l'intersyndicale. Par ailleurs, le leader de la CGT considère que la police reçoit "des ordres de non intervenir face aux casseurs". "Cela fait trois mois qu'on dit au gouvernement 'il faut stopper les casseurs'", a expliqué Philippe Martinez sur France 2.

LES SYNDICATS MAINTIENNENT DE NOUVELLES MOBILISATIONS

Alors que l'exécutif a menacé d'interdire de nouvelles manifestations, les sept syndicats ont réaffirmé mercredi "la détermination sans faille" des opposants au projet de loi, après "la grande réussite" de la manifestation de mardi. Ils ont appelé à "poursuivre les actions revendicatives sous les formes décidées localement et à participer massivement aux journées de mobilisation nationales les 23 et 28 juin prochains", à l'occasion de l'examen et du vote au Sénat du projet de loi.

Pour Philippe Martinez, qui a rendez-vous vendredi matin avec la ministre du Travail Myriam El Khomri, "la sagesse voudrait que le gouvernement suspende le débat parlementaire", de sorte que "le sérénité revienne". Interrogé sur la menace du gouvernement d'interdire les futures manifestations, il estime qu'"interdire de manifester, c'est remettre en cause la démocratie". "Le gouvernement veut brouiller les pistes et on essaie de détourner l'attention, gravement d'ailleurs, en stigmatisant une organisation syndicale", dénonce-t-il.

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