La Bourgogne-Franche-Comté, région qui vaccine le plus contre le Covid-19

La Bourgogne-Franche-Comté, région qui vaccine le plus contre le Covid-19
Dans un centre de vaccination à Dijon, le 27 décembre 2020.

, publié le mercredi 27 janvier 2021 à 12h10

Dans cette région parmi les plus touchées par le coronavirus, 2,27% des habitants sont vaccinés, contre 1,63% au niveau national. La Normandie et la Nouvelle-Aquitaine arrivent en deuxième et troisième position.

Deuxième région la plus touchée par le Covid-19 derrière la Provence-Alpes-Côte d'Azur, la Bourgogne-France-Comté est "la région de France qui vaccine le plus, avec 2,27% des habitants vaccinés, contre une moyenne nationale de 1,63%", a souligné mercredi 27 janvier Pierre Pribile, directeur de l'Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne au cours d'un entretien à l'AFP.



La Normandie et la Nouvelle-Aquitaine arrivent en deuxième et troisième position avec respectivement 2,19% et 2,16% de leur population vaccinée.

Régions particulièrement touchées, l'Auvergne-Rhône-Alpes, la région PACA et le Grand Est ont pu vacciner respectivement 1,66, 1,83 et 1,85% de leur population. L'Île-de-France et les Hauts-De-France arrivent en dernière position des territoires métropolitains avec respectivement 1,53% et 1,58% de leur population vaccinée. Mardi soir, le ministère de la Santé indiquait que 1.184.510 injections de vaccin avaient été réalisées en France depuis le 26 décembre.

Selon le ministère de la Santé, deux critères principaux déterminent la livraison du nombre de doses dans chaque région : le nombre de personnes de plus de 75 ans présentes dans une région et celui des professionnels de santé de plus de 50 ans. La répartition a aussi été pensée en fonction de la propagation de l'épidémie, qui circule particulièrement dans certaines régions en France, ce que confirme Pierre Pribile. En Bourgogne, "nous avons bénéficié d'allocations un peu plus généreuses du fait de notre taux d'incidence plus élevé. Nous avons reçu un peu plus de 100.000 doses", précise le directeur de l'ARS.

La vaccination va toutefois se ralentir dans la région, à cause des retards de livraisons. Cette semaine, le territoire va recevoir "environ 20 à 25%" de doses de moins que prévu. "C'est plutôt un ralentissement qu'une pénurie. Notre objectif est de ne pas avoir des vaccins qui dorment dans les frigos donc cela génère forcément, pas une pénurie, mais une forte tension", souligne le directeur de l'ARS de Bourgogne.

Le variant britannique fait craindre un nouveau confinement

Avec la "menace" des variants, Pierre Pribile craint une troisième vague qui pourrait nécessiter de nouvelles mesures. Si aujourd'hui, "la dynamique n'est pas explosive", avec "une inflexion plutôt à la baisse du taux d'incidence", "on sent bien que la moindre perturbation peut nous amener à nouveau à quitter ce plateau élevé pour repartir à la hausse", explique-t-il. 

Selon lui, "l'élément le plus susceptible de générer une reprise est la diffusion du nouveau variant dit britannique. Comme il est plus contagieux, naturellement, il va s'imposer. Il n'y a pas de raison qu'il y ait un miracle et qu'il ne supplante pas les autres formes de virus. L'arrivée de ce variant nous menace d'une troisième vague qui démarrerait alors même qu'on n'est jamais descendu de la deuxième". Un troisième confinement pourrait alors devenir inéluctable. 

"Si on regarde uniquement dans le rétroviseur, on peut se dire que le couvre-feu a porté ses fruits : on a interrompu une hausse lente mais régulière de l'incidence mais c'est sans compter sur la diffusion des variants. Ils ne sont forcément aujourd'hui pas au maximum de ce qu'ils vont être lorsqu'ils circuleront majoritairement. On peut redouter qu'à ce moment-là, l'effet du couvre-feu devienne insuffisant", détaille Pierre Pribile. 

Mais toute la difficulté est de savoir quand prendre d'éventuelles mesures complémentaires. "Confiner trop tôt en épuisant la population avec des mesures très très contraignantes peut aussi se retourner contre l'impact sanitaire de cette mesure. Inversement, confiner trop tard, c'est s'exposer à une augmentation très forte que nos hôpitaux ne peuvent absolument pas absorber aujourd'hui. On sait à quel point une vague épidémique, lorsqu'elle est partie, avec l'inertie de l'impact des mesures de confinement, fait augmenter les hospitalisations pendant plusieurs semaines. Ce temps de latence, on n'en dispose quasiment pas : la fenêtre entre le trop tôt et le trop tard est aujourd'hui particulièrement étroite", explique le directeur de l'ARS de Bourgogne.
 

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