L'UFC Que choisir dénonce une augmentation de plus de 4% des complémentaires santé, les mutuelles démentent

L'UFC Que choisir dénonce une augmentation de plus de 4% des complémentaires santé, les mutuelles démentent©LOIC VENANCE / AFP

publié le jeudi 21 janvier 2021 à 12h15

L'association de défense des consommateurs pointe du doigt une flambée de 4,3% des tarifs des mutuelles en 2021, après des "hausses massives" de 4% en 2019 et 5% 2020. La Mutualité française assure que l'augmentation s'élève plutôt à 2,6%. 

Les tarifs des complémentaires santé ont-ils exagérément augmenté cette année, comme l'assure l'UFC Que choisir, ou la hausse suit-elle une évolution logique, comme rétorquent les mutuelles ? Chacun sa méthode, chacun ses résultats, et un air de déjà-vu. 




L'association de consommateurs relance, jeudi 21 janvier, la controverse sur les hausses de tarifs des complémentaires santé.

Elle dénonce une inflation de "plus de 4% en 2021". L'UFC-Que Choisir a dégainé la première, sur la base d'un de ses habituels appels à témoignages, qui lui a permis d'analyser "623 contrats individuels, provenant de 123 organismes différents" (assurances, mutuelles, institutions de prévoyance). Et ainsi de "mettre en évidence une inflation médiane des assurances santé de 4,3%", incluant l'augmentation liée à l'âge "de l'ordre de 1% à 2%".

De son côté, la Mutualité française a enquêté auprès de 32 mutuelles couvrant 13,9 millions de personnes, en contrats individuels et collectifs. Il en ressort "une évolution moyenne des cotisations de 2,6%", avec une hausse atténuée pour les contrats individuels (2,1%) et plus marquée pour les contrats d'entreprise (+3,3%). 

Objectifs opposés

Au-delà de leur façon de calculer, les deux protagonistes affichent des objectifs radicalement opposés. L'UFC-Que Choisir, à l'origine de la loi sur la résiliation "à tout moment" des complémentaires santé, demande en effet au gouvernement de contraindre le secteur à davantage de transparence sur ses tarifs et ses "frais de gestion". L'association insiste pour cela sur les "hausses massives de cotisations de ces dernières années" : +4% en 2019, +5% en 2020 et +4,3% cette année.

La Mutualité, à l'inverse, veut s'épargner une nouvelle réforme, après le "100% santé", la résiliation "à tout moment" et la "surtaxe Covid", dont les effets se feront encore sentir en 2021. Elle souligne que, malgré le "rattrapage des soins" attendu après les confinements, la hausse des tarifs suit la tendance "observée sur les dix dernières années".

Les chiffres publics lui donnent plutôt raison. D'après la Drees (Direction de la recherche, des etudes, de l'evaluation et des statistiques), les complémentaires santé ont collecté 38,3 milliards d'euros de cotisations en 2019, soit 1,9% de plus que l'année précédente, après une progression de 2% en 2018. 

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