L’Ordre des médecins refuse que les infirmiers puissent faire des prescriptions

L’Ordre des médecins refuse que les infirmiers puissent faire des prescriptions
"Il faut que les médecins se mobilisent pour proposer des solutions, mais les solutions sont autour du médecin, qui est central dans l'accès aux soins", en particulier dans le diagnostic et la prescription, a fait ...

publié le jeudi 24 novembre 2022 à 17h39

L’Ordre des médecins a affirmé jeudi 24 novembre son refus catégorique d’envisager que des infirmiers puissent faire des prescriptions médicales dans un contexte de pénurie de praticiens. L’institution estime que cette possibilité amènerait le patient à une “perte de chances”.

"L’examen par un médecin dans l'entrée des soins est indispensable", a affirmé François Arnault, président du Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM), lors d’une conférence de presse tenue jeudi 24 novembre.


Face à la difficulté d’accès, la majorité présidentielle envisage d’autoriser les infirmiers en pratique avancée (IPA) à faire des prescriptions médicales.

Portée par la députée Stéphanie Rist (Renaissance), et plébiscitée par les associations de patients et les infirmiers, cette évolution fera l’objet d’une proposition de loi attendue fin janvier à l’Assemblée nationale.

Cette proposition suscite une indignation profonde dans le corps médical : "Il faut que les médecins se mobilisent pour proposer des solutions, mais les solutions sont autour du médecin, qui est central dans l'accès aux soins", en particulier dans le diagnostic et la prescription, a fait valoir François Arnault. Le président de l’Ordre des médecins s'est défendu de tout combat "corporatiste".

L'Ordre des médecins privilégie l'exercice coordonné comme solution

Fruit de neuf à dix ans d'études, "nos compétences doivent être mises à la disposition des patients et de la population. Ceux qui organisent le contournement de cela prennent de grosses responsabilités dans la perte de chances", a accusé le président de l'ordre des médecins.

Parmi les solutions proposées, le CNOM défend le principe de "l'exercice coordonné" en équipes associant diverses professions de santé (infirmiers, kinésithérapeutes...) "autour du médecin".

L’Ordre des médecins estime que l’investissement initial dans la création de ces équipes est essentiel et réglerait une bonne partie du problème :  "Une fois qu'on l'a créée, en mettant en place des protocoles" de collaboration interprofessionnels, "on dégage du temps médical", a estimé René-Pierre Labarrière, chargé de l'exercice professionnel au sein de l'ordre.

Le temps aujourd'hui consacré par un médecin à des tâches administratives est estimé à 13 heures hebdomadaires, a souligné pour sa part Claire Siret, responsable de la santé publique au CNOM. "Mettez ces heures dans les consultations, vous avez du temps médical", a-t-elle relevé.

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