"L'IVG reste un combat en France", regrette Clémentine Autain

"L'IVG reste un combat en France", regrette Clémentine Autain
La député insoumise Clémentine Autain, en janvier 2021.

publié le dimanche 04 avril 2021 à 13h55

La députée insoumise a dénoncé "plusieurs freins encore à la liberté véritable d'avorter" : le délai légal de recours à l'avortement et les moyens limités mis en oeuvre. 

"L'IVG (interruption volontaire de grossesse) reste un combat en France", a regretté dimanche 4 avril sur franceinfo la députée de La France insoumise Clémentine Autain. "Aujourd'hui, il reste plusieurs freins encore à la liberté véritable d'avorter", a-t-elle expliqué, à la veille du cinquantième anniversaire du "Manifeste des 343", des femmes célèbres ou anonymes affirmant avoir avorté illégalement, qui a marqué l'histoire du droit à l'avortement en France.



L'un de ces freins, soulevé dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche et signée par 343 "femmes et personnes pouvant vivre une grossesse", dont Clémentine Autain, est la "question du délai" du recours à l'IVG en France, et plus encore "depuis la crise sanitaire", a souligné l'élue insoumise. "On sait que beaucoup de femmes ont dépassé les délais", notamment à cause de "difficultés à accéder aux soins", a-t-elle dénoncé. 

"Nous proposons de passer le délai à 14 semaines", poursuit Clémentine Autain.

"Je pense que le Parlement s'honorerait de faire, à l'occasion de cet anniversaire, ce pas, ce progrès pour les femmes", souligne-t-elle. En février dernier, le retrait d'une proposition de loi pour allonger le délai d'accès à l'IVG de 12 à 14 semaines de grossesse avait provoqué des remous à l'Assemblée nationale. Le groupe socialiste avait dû renoncer à sa proposition de loi en raison des nombreux amendements déposés par la droite, accusée d'obstruction. 

"Mais ça ne suffira pas", souligne l'élue insoumise. "La deuxième entrave pour un avortement libre, c'est la question des moyens, aussi bien les moyens de prévention, pour prévenir les avortements, et le fait qu'un certain nombre d'espaces qui font les IVG cessent de le faire parce que ce n'est pas rentable", dénonce Clémentine Autain. "La logique de rentabilité ne doit pas venir contredire un droit qui a été conquis de haute lutte", ajoute-t-elle. "On a besoin de la puissance publique et qu'elle garantisse sur l'ensemble du territoire la possibilité d'avorter pour les femmes", appelle-t-elle. 
 

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