L'industrie agroalimentaire s'inquiète d'éventuelles difficultés d'approvisionnement

L'industrie agroalimentaire s'inquiète d'éventuelles difficultés d'approvisionnement
Un supermarché à Tinténiac, le 14 mars 2020.

, publié le mercredi 18 mars 2020 à 15h32

"En temps de guerre, sans logistique une armée n'est rien", estiment les industriels, qui craignent notamment le droit de retrait chez les transporteurs.

Il faut sécuriser le transport des marchandises, alors que l'épidémie de coronavirus perturbe gravement l'économie du pays, a alerté mercredi 18 mars le président de l'association des industries agroalimentaires (Ania). Des difficultés logistiques pourraient perturber l'approvisionnement de la chaîne alimentaire, prévient-il.

"J'appelle à trouver des solutions rapidement pour sécuriser le transport des marchandises, c'est-à-dire le travail en particulier des chauffeurs, métiers déjà en forte tension", a déclaré Richard Girardot dans un communiqué.

"En temps de guerre, sans logistique une armée n'est rien", ajoute-t-il, saluant "l'engagement des salariés (de l'agroalimentaire) à remplir leur mission, celle de nourrir les femmes et les hommes".


"Je remercie le gouvernement de son attention, de sa diligence à faciliter les conditions de l'exercice de cette mission afin que chacun, sur tous les territoires, puisse continuer à s'approvisionner normalement en produits sains, sûrs et durables", poursuit-il, en se joignant "à la reconnaissance et aux encouragements du gouvernement".

Plus tôt mercredi, le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire a appelé les salariés des secteurs essentiels des services, des déchets mais également de l'agroalimentaire, "à se rendre sur leurs lieux de travail", en prenant leurs précautions, pour garantir la "sécurité économique du pays" en pleine épidémie de coronavirus.

"Côté transporteurs, il y a des droits de retrait qui s'effectuent dans certaines sociétés de transport", a confirmé M. Girardot, dans un entretien à l'AFP, en indiquant que son syndicat en appelle régulièrement au gouvernement et aux préfets, lors des réunions de crise, pour formuler des "recommandations fortes vis-à-vis des sociétés et des salariés de transports". Concernant les entreprises de l'agroalimentaire elles-mêmes, "à ce jour, il n'y a pas de problème de production", a affirmé M. Girardot.

"On tient le maximum de 10% d'absentéisme, ce qui ne déséquilibre pas les processus de production", a-t-il indiqué, évoquant le chiffre de 5% d'absentéisme la semaine dernière. L'indicateur avoisine, depuis le confinement, les 8% en moyenne. Mettant en avant la "solidarité des salariés" du secteur, M. Girardot a toutefois reconnu que la question des masques de protection pouvait engendrer "dans certaines entreprises une inquiétude forte, dans d'autres pas du tout".

Pour les PME, "il n'y a aucun problème. Ça concerne plus des structures plus lourdes, plus importantes et là, on commence à parler argent", a déclaré le patron de l'Ania, qui a évoqué dans certaines entreprises des négociations autour de "primes sous une forme ou une autre". Il a écarté le terme de prime de risque, lui préférant celui de "prime solidarité": "on tient beaucoup à ce terme, parce qu'il n'y a pas de risque majeur dans la situation actuelle".

"Si on respecte le mètre, voire trois mètres d'écart sur les lignes, à ce jour il n'y a aucun souci", a insisté M. Girardot. Concernant la distribution, il a estimé que les ruptures de fin de journée dans les points de vente "vont disparaître d'ici la fin de la semaine". 

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