L'hôpital américain de Neuilly a vacciné des membres de son conseil d'administration non prioritaires

L'hôpital américain de Neuilly a vacciné des membres de son conseil d'administration non prioritaires
(illustration)

, publié le mardi 09 février 2021 à 15h51

Certains donateurs ont également été vaccinés, alors que des médecins et des personnels soignants attendent toujours leur première injection.

L'American Hospital of Paris, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), a procéder en janvier à la vaccination d'une vingtaine de membres de son conseil d'administration non prioritaires, a rapporté mardi 9 février franceinfo. L'établissement s'est défendu en disant avoir proposé la vaccination à "l'ensemble" des intervenants dans l'établissement.

Interrogé par franceinfo à ce sujet mardi matin, le ministre de la Santé Olivier Véran a dit "déplorer" ces faits, s'ils étaient avérés. "La priorisation est très claire dans notre pays: nous protégeons les plus fragiles par ordre de priorité (...) Je n'accepterai pas qu'il y ait des passe-droits", a ajouté Olivier Véran.

Le ministre réagissait à des informations de la radio selon lesquelles l'American Hospital of Paris a procédé en janvier à la vaccination d'une vingtaine de membres de son "Board of Governors" -l'équivalent du conseil d'administration- et de certains de ses donateurs, alors que des médecins et personnels soignants de l'établissement attendent toujours leur première injection.

Selon franceinfo, le "Board of governors" est composé d'une quarantaine de personnalités françaises, américaines ou encore japonaises, dont des grands capitaines d'industrie, des dirigeants d'entreprise, des diplomates, des avocats...

Une opération "conforme" aux directives

L'hôpital, très prisé des célébrités, n'a pas démenti avoir vacciné des membres de son conseil d'administration ni d'autres "volontaires". "En conformité avec les directives de l'ARS (Agence régionale de santé), la vaccination a été proposée à partir du 4 janvier 2021 à l'ensemble des personnes intervenant dans l'hôpital : médecins, soignants, administratifs, gouverneurs, prestataires de ménage, de sécurité et de restauration, volontaires bénévoles", a précisé l'établissement.

L'établissement a assuré que des doses de vaccin qui n'avaient pas servi -en raison de désistements ou de contre-indications médicales- avaient été redistribuées auprès "du personnel volontaire et disponible" afin d'"éviter toute perte du vaccin, en raison de son caractère périssable". La campagne de vaccination engagée en France vise pour l'heure en priorité les personnes âgées de plus de 75 ans et les personnels de santé.

Interrogée par franceinfo, l'ARS d'Île-de-France a précisé que l'hôpital américain n'est pas un centre de vaccination public et ne fait pas partie de la liste agrée des cinq centres hospitaliers vaccinant les professionnels de santé de ville.

Toutefois, comme d'autres hôpitaux privés depuis le 5 janvier dernier, il peut vacciner son personnel soignant et administratif le plus exposé au Covid-19.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.