L'exécutif temporise sur l'hypothèse d'un troisième confinement

L'exécutif temporise sur l'hypothèse d'un troisième confinement
(Photo d'illustration)

, publié le mardi 26 janvier 2021 à 10h31

"Il n'y a pas de raison" de reconfiner la France "à ce stade", a déclaré mardi la ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire jugeant lui qu'il fallait éviter la "précipitation" et attendre "calmement" le résultat du couvre-feu généralisé.



Face à une épidémie de Covid-19 toujours active et confronté à la nouvelle donne des variants, l'exécutif va-t-il serrer une nouvelle fois la vis ? Alors qu'un troisième confinement semblait jusqu'à maintenant inévitable, cette hypothèse semble s'éloigner... pour le moment.  

Aucune prise de parole d'Emmanuel Macron cette semaine n'a été confirmée.

Or, depuis le début de la crise, c'est toujours le président de la République qui s'est chargé d'annoncer la mauvaise nouvelle. Selon une source proche de l'exécutif, le chef de l'Etat désireux d'éviter au maximum un nouveau confinement, pourrait se donner plusieurs jours supplémentaires avant de trancher, le temps de mesurer pleinement l'effet du couvre-feu.

Invitée mardi 26 janvier de BFMTV-RMC, la ministre déléguée chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher a affirmé qu'à "sa connaissance", Emmanuel Macron ne devrait pas s'exprimer dans les prochains jours, tout en confirmant que le Premier ministre Jean Castex tiendra la conférence de presse jeudi soir. "A ce stade, il n'y a pas de raison de décider d'un confinement", a-t-elle assuré. "La décision sur un possible reconfinement se fera selon la circulation du virus", a-t-elle poursuivi. Agnès Pannier-Runacher a expliqué que l'exécutif attendait de connaître l'effet du couvre-feu généralisé à 18 heures, ce qu'on ne saura pas avant samedi selon elle.

"Les Français n'attendent ni excès de zèle, ni laxisme. Et c'est très exactement dans cette direction que nous allons. Nous prenons des décisions proportionnées à la situation du virus en France, et c'est ça qui explique peut-être qu'aujourd'hui la France est relativement privilégiée par rapport à ses voisins", a-t-elle poursuivi.

"Pas de précipitation"

"J'entends certains qui nous disent 'allez, maintenant il faut immédiatement reconfiner', a pour sa part déclaré le ministre de l'Economie Maire sur Radio Classique. Mais regardons d'abord, sereinement, calmement, est-ce que le couvre-feu à 18h a donné les résultats que nous espérions". "Pas de précipitation", a-t-il encore intimé, appelant à "laisser au gouvernement le temps d'étudier la situation" épidémique.

Pour le ministre de l'Economie, le couvre-feu est déjà "un effort considérable" demandé aux Français. Il est "très pénalisant" pour les commerçants et les acteurs économiques, et "très dur à vivre pour tous les Français", a-t-il insisté.

Un revirement de la part de Delfraissy ?

"On n'est pas à une semaine près", a de son côté concédé mardi le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy dans les colonnes de Libération. L'immunologue avait pourtant estimé dimanche sur BFMTV qu'"il faudrait probablement aller vers un confinement"."Il y a urgence", avait-t-il jugé, estimant que "plus on prend une décision rapide, plus elle est efficace et peut être de durée limitée. On est dans une semaine un peu critique", avait-il ajouté.

Interrogé par BFMTV, le spécialiste a démenti tout revirement. "Je n'ai pas changé d'un iota entre dimanche et aujourd'hui", assure-t-il. "La décision doit être prise entre la fin de semaine et le milieu de la semaine prochaine", a-t-il, détaillé, réaffirmant : "On n'est pas à trois jours près, ce n'est pas de l'extrême urgence comme une opération chirurgicale. Cette décision est extrêmement lourde il faut tout peser". Le président du Conseil scientifique assure par ailleurs n'avoir "jamais reçu de consignes du gouvernement". "C'est bien mal me connaître", conclut-il.

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