L'État prendra à sa charge l'inhumation des migrants victimes du naufrage en Manche, selon Gérald Darmanin

L'État prendra à sa charge l'inhumation des migrants victimes du naufrage en Manche, selon Gérald Darmanin
"L'État travaillera avec les communes qui acceptent d'accueillir les défunts", précise Gérald Darmanin

publié le mardi 30 novembre 2021 à 18h35

La France ne prendra pas en charge d'éventuels rapatriements de corps si les familles en font la demande, précise l'entourage du ministre de l'Intérieur, soulignant que les pays d'origine peuvent le faire.
Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé mardi 30 novembre sur Twitter que l'État prendrait à sa charge l'inhumation des 27 migrants décédés lors du naufrage en Manche de leur embarcation à destination du Royaume-Uni mercredi dernier.


L'État "travaillera avec les communes qui acceptent d'accueillir les défunts", a ajouté le ministre, en précisant qu'il s'agissait d'une demande du président français Emmanuel Macron. 

La France ne prendra pas en charge d'éventuels rapatriements de corps si les familles en font la demande, a précisé l'entourage de Gérald Darmanin, soulignant que les pays d'origine peuvent le faire.


Des victimes majoritairement irako-kurde ?

Selon une source proche de l'enquête, les corps se trouvent toujours à l'institut médico-légal (IML) de Lille, où ils ont été transférés après le naufrage. Ils doivent être identifiés par l'Unité d'investigations et d'identification de la gendarmerie, a ajouté cette source, pour qui les victimes sont a priori majoritairement d'origine irako-kurde.

Contactée par l'AFP, la gendarmerie maritime a précisé que le bateau était parti dans le nuit du 23 au 24 de Loon-Plage (Nord), près de Grande-Synthe, "en fin de nuit entre 23H et minuit". L'enquête exclut a priori une collision.

Le bateau, un longue embarcation pneumatique à fond souple selon les sauveteurs, aurait pris l'eau puis se serait plié en milieu de matinée à la limite des eaux britanniques.

Selon les deux rescapés, un Somalien et un Irakien entendus par les enquêteurs, "une trentaine de personnes" étaient à bord, a affirmé la gendarmerie. "On ne peut pas exclure des disparus" en plus des 27 morts et des deux rescapés, a -t-elle estimé.

Sur le déroulé exact du naufrage, et de l'intervention des sauveteurs, les enquêteurs ont "récupéré une masse de données" actuellement en cours de traitement, à recouper avec les témoignages des rescapés, a-t-elle encore indiqué.  

Drame de migrants le plus meurtrier en Manche 

Ce drame, le plus meurtrier survenu en Manche, a relancé les tensions entre la France et le Royaume-Uni au sujet de la lutte contre les traversées du "Channel" par des immigrés clandestins, qui se sont développées depuis 2018. 

Le Premier ministre français Jean Castex devait écrire à son homologue Boris Johnson pour lui proposer de travailler à l'élaboration d'"un accord équilibré" sur l'immigration clandestine entre son pays et l'Union européenne, avait annoncé Gérald Darmanin. Ce dernier a par ailleurs rejeté toute "remise en cause" des accords du Touquet (2004) qui placent la frontière britannique côté français, ainsi que l'ont suggéré plusieurs personnalités d'opposition, en rappelant que ce texte ne concernait que l'immigration légale. 

A bord de fragiles embarcations, des migrants tentent désormais presque quotidiennement de rallier les côtes anglaises.  Au 20 novembre, 31.500 migrants avaient quitté les côtes depuis le début de l'année et 7.800 avaient été sauvés. Avant le naufrage de Calais, le bilan humain depuis janvier s'élevait à trois morts et quatre disparus.

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