L'école sera obligatoire dès 3 ans à la rentrée 2019

L'école sera obligatoire dès 3 ans à la rentrée 2019
Jean-Michel Blanquer le 13 février 2019 à l'Assemblée nationale.

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 14 février 2019 à 10h10

Les députés ont adopté mercredi 13 février l'école obligatoire dès l'âge de 3 ans. Les parlementaires ont également adopté l'obligation de formation pour les jeunes de 16 à 18 ans. 

L'Assemblée nationale a voté mercredi 14 février l'abaissement de l'âge de l'instruction obligatoire de 6 à 3 ans.

Il s'agit de la mesure-phare du projet de loi "pour une école de la confiance", présenté par le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer comme "un marqueur républicain".

Adoptée par 95 voix contre 11, cette obligation, traduction d'un engagement pris par Emmanuel Macron en mars 2018, doit entrer en vigueur dès la rentrée de septembre 2019. L'instruction obligatoire peut être donnée dans les écoles ou dans les familles - le contrôle sera renforcé. La majorité, les centristes et l'ensemble de la gauche ont soutenu la mesure, tandis que la droite l'a critiquée au nom de la "liberté de choix des parents".



"Une mesure sociale" et "une mesure sociétale" 

Selon une étude du ministère, 98,9 % des enfants de 3 à 5 ans sont déjà scolarisés. À la rentrée prochaine, la mesure concernera 26.000 enfants ne fréquentant pas l'école actuellement. L'obligation à 3 ans n'est "pas qu'un symbole", a insisté Jean-Michel Blanquer : c'est "une mesure sociale" car touchant des enfants défavorisés pour la plupart, et "une mesure sociétale", certaines familles pouvant "considérer qu'il n'est pas bon" de scolariser les filles, contrairement aux garçons.


En séance, les élus Les Républicains (LR), par la voix notamment de Xavier Breton, ont dénoncé une "volonté de mettre un contrôle de l'État sur les enfants" dès le plus jeune âge, et cherché en vain à relever l'obligation à 5 ans. Avec Emmanuelle Ménard, apparentée Rassemblement national (RN, ex-FN), ils ont aussi réclamé une possibilité d'aménagement pour les élèves de petite section, alors qu'il y aura une obligation d'assiduité. "Il est évident que nous ferons preuve de bon sens", a tenu à rassurer Jean-Michel Blanquer. Les députés de gauche ont défendu avec cette obligation à 3 ans "un outil de justice sociale", mais les Insoumis et les communistes se sont inquiétés des "moyens". Le ministre a promis "une véritable politique publique de l'école maternelle". 

Obligation de formation entre 16 et 18 ans 

L'Assemblée nationale a également voté dans la nuit le principe d'une obligation de formation pour les jeunes de 16 à 18 ans, lors de l'examen du projet de loi "pour une école de la confiance". Les députés ont adopté un amendement du gouvernement en ce sens, traduisant une mesure du plan pauvreté, annoncé en septembre dernier par Emmanuel Macron. "Il s'agit de ne laisser aucun jeune au bord de la route", a affirmé le ministre de l'Éducation.


Le plan pauvreté prévoit que les jeunes "décrocheurs" du système scolaire (évalués à 20.000 par an par le gouvernement) âgés de 16 à 18 ans se verront systématiquement proposer, à partir de 2020, une formation ou un apprentissage. Des moyens supplémentaires seront attribués aux missions locales pour qu'elles repèrent les décrocheurs du système scolaire et leur proposent des formations. Ainsi, tout jeune de 16 à 18 ans devra se trouver soit dans un parcours scolaire ou en apprentissage, soit en emploi, en service civique, en parcours d'accompagnement ou d'insertion sociale et professionnelle, dispose l'amendement voté, avec le soutien de la majorité et de la gauche.

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