L'association L214 dénonce "le pire élevage" de canards vu depuis plus de 10 ans

L'association L214 dénonce "le pire élevage" de canards vu depuis plus de 10 ans
Photo d'illustration

, publié le jeudi 20 août 2020 à 12h30

Des vidéos d'un élevage de canards dans le sud-ouest de la France, à Lichos (Pyrénées-Atlantiques), ont été diffusées par L214. L'association de défense des animaux dénonce le "pire élevage" vu depuis 10 ans et demande sa fermeture.

L'exploitation s'est défendue, affirmant que la vidéo était "fausse, mensongère et malhonnête".

L'association de défense des animaux L214 diffuse ce jeudi 20 août des vidéos de ce qu'elle considère être "le pire élevage" vu depuis plus de 10 ans. Il s'agit d'un élevage de canards dans le sud-ouest de la France. L'association demande sa fermeture "urgente et définitive".


Pour L214, l'un des bâtiments abritant des canards mâles à Lichos (Pyrénées-Atlantiques), à 50 km de Pau, atteint "des sommets dans l'horreur" : "totalement insalubre", cadavres de canards "décomposés" et "non ramassés", cages "en train de s'effondrer", épais "flot d'excréments" qui "déborde à l'extérieur", asticots, rats qui "prolifèrent"... Et les canards vivants, environ 150, se trouvent au milieu d'autant de morts.

Les photos et vidéos mises en ligne sur le site de l'association de défense des animaux ont été prises "il y a quelques jours" en août, après signalement d'un "lanceur d'alerte". Elles dépeignent "le pire élevage que nous ayons eu l'occasion de voir depuis les débuts de L214" en 2008, a affirmé Sébastien Arsac, directeur des enquêtes de l'association.

La situation y semble "totalement hors de contrôle" et l'élevage doit "fermer de toute urgence", selon l'association qui dit espérer "a minima une interdiction d'exercer une activité d'élevage" à l'encontre des responsables.

Une vidéo "fausse, mensongère et malhonnête"

Jeudi, sur le site de l'exploitation le Couvoir du Saison, une copropriétaire de cette exploitation "familiale" a répondu aux accusations en affirmant à l'AFP que la vidéo de l'association était "fausse, mensongère et malhonnête".

"Sur la partie extérieure, le lisier qui se déverse, c'est la vérité", a concédé Aurore Vidal, "des images de certains animaux en cage, c'est notre exploitation, mais tout ce qui est cadavres, asticots et tout le reste, c'est faux", a-t-elle ajouté, "ce n'est pas notre exploitation".

La jeune femme a accusé la "malveillance", notamment d'un "ancien intérimaire" et annoncé une plainte pour "diffamation et entrée par effraction" contre L214.

Le ministère de l'Agriculture, qui avait appris l'existence de cette vidéo, a indiqué dans la nuit de mercredi à jeudi qu'il demandait au préfet une "mise en demeure" de l'élevage en question pouvant aller "jusqu'à une suspension d'activité". "Dès que j'ai eu connaissance de la situation dans l'élevage en Pyrénées-Atlantiques, j'ai immédiatement diligenté une enquête, complétée par une visite vétérinaire. Une mise en demeure de l'exploitation va être prononcée pouvant conduire à la suspension", a écrit Julien Denormandie dans un tweet.

 "En parallèle une procédure judiciaire est ouverte" a précisé le ministère dans un communiqué, estimant néanmoins que ce cas "isolé" ne "saurait être généralisé".


Une plainte a aussi été déposée mercredi par l'avocate de L214 pour "cruauté envers animaux", "abandon", et "atteinte à l'environnement", en raison des risques encourus par le Saison, un proche cours d'eau, à cause des déjections s'écoulant du bâtiment. L214 a alerté l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP).

L214, association de défense des animaux hostile à l'élevage, à la consommation de tous produits d'origine animale, milite pour la fermeture des abattoirs, et a déjà ciblé des élevages de la filière foie gras, symbole de la gastronomie française, fin 2019 notamment le couvoir d'un lycée agricole de Périgueux.

13.700 contrôles au titre de la protection animale, en 2019

L214, association de défense des animaux hostile à l'élevage, à la consommation de tous produits d'origine animale, milite pour la fermeture des abattoirs, et a déjà ciblé des élevages de la filière foie gras,

Elle y avait dénoncé ce qu'elle qualifiait "d'agonie" de canetons femelles (non conservées pour le gras), et la préfecture de Dordogne avait confirmé un "manquement" avéré - et verbalisé - à la réglementation sur les méthodes d'euthanasie, auquel il avait été remédié ensuite.

A la lumière de ces exemples, L214 s'interroge sur les inspections dans la filière foie gras et demande au ministre de l'Agriculture Julien Denormandie "de diligenter un audit de l'ensemble des élevages de canards reproducteurs et couvoirs de la filière foie gras", et "publier les rapports complets d'inspection, comme l'avait fait Stéphane le Foll en 2016 concernant les abattoirs d'animaux de boucherie".

"Nous multiplions les contrôles pour protéger les animaux et prendre des mesures strictes afin que ces dérives inacceptables, mais isolées et individuelles, ne jettent pas le discrédit sur toute une profession à laquelle j'assure mon soutien et ma confiance" a répondu le ministre, cité dans le communiqué du ministère.

"Les mesures nécessaires sont prises", a-t-il dit. "J'ai demandé aux services d'être extrêmement vigilants sur ces contrôles. Les suites de l'enquête seront communiquées en toute transparence".

En 2019, les services de contrôle du ministère ont mené 13.700 contrôles au titre de la protection animale, a par ailleurs rappelé le communiqué.

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