L'affaire Grégory relancée : "Ca va encore être un coup d'épée dans l'eau", estime l'avocat de Jacqueline Jacob

L'affaire Grégory relancée : "Ca va encore être un coup d'épée dans l'eau", estime l'avocat de Jacqueline Jacob
Le petit Grégory avait été retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne le 16 octobre 1984.

, publié le mercredi 16 décembre 2020 à 09h14

Le Parisien a révélé mardi 15 décembre que les investigations sur le meurtre du petit Grégory Villemin en 1984 avait été relancées. "Depuis 36 ans, les multiples rebondissements de ce dossier n'ont conduit qu'à des catastrophes", déplore Frédéric Berna, avocat de la grande-tante du garçonnet, qui a été un temps soupçonnée. 

Qui a tué le petit Grégory Villemin ? Trente-six après la découverte du petit garçon de quatre ans dans la Vologne (Vosges), le nouveau magistrat en charge de l'affaire, le président de la chambre d'instruction de la cour d'appel de Dijon (Côte-d'Or) Dominique Brault, a décidé de relancer l'enquête avec notamment une série d'auditions début menées au début du mois de décembre, révèle Le Parisien mardi 15 décembre.

Selon le quotidien, il s'agit de personnes ayant vécu dans les Vosges au moment des faits, en 1984, dans l'entourage familial ou le voisinage de l'enfant.




D'après Le Parisien et BFMTV, une nouvelle pièce devrait être également prochainement versée au dossier : une expertise en "stylométrie", une technique qui vise à étudier non pas les écritures, mais les styles d'écriture comme les tournures de phrases, la syntaxe ou la ponctuation, ordonnée par la précédente juge d'instruction en charge de l'enquête il y a trois ans. Des écrits d'hommes et de femmes gravitant autour des parents de Grégory Villemin à l'époque des faits ont ainsi été comparés aux lettres du ou des corbeaux qu'ils recevaient et dans lesquelles le meurtre avait été revendiqué. 

"Je crains qu'on ait rouvert la boîte de Pandore"

"Ca va encore être un coup d'épée dans l'eau", estime mercredi matin sur BFMTV Frédéric Berna, avocat de Jacqueline Jacob, la grande-tante du garçon, un temps soupçonnée et mise en examen pour le meurtre avec son époux, Marcel. "Depuis 36 ans, les multiples rebondissements de ce dossier n'ont conduit qu'à des catastrophes qui n'ont pas fait honneur au système judiciaire français, et à des drames humains terribles", déplore-t-il. 

En 2017, des investigations avaient déjà été relancées et les époux Jacob et Murielle Bolle avaient été mis en examen sur la foi d'expertises en écritures, basées sur la graphie et sur des analyses criminelles. Les mises en examen avaient finalement été annulées en mai 2018 pour des raisons de forme.

"Si un nouveau magistrat se prend d'envie, après les échecs cuisants de ses prédécesseurs, d'être le nouveau Zorro de l'affaire Grégory, je ne laisserai pas à nouveau sacrifier la santé de ma cliente sur l'autel du syndrome de la Vologne. Il faut cesser cette folie, et arrêter d'humilier la justice et de détruire inutilement la vie d'innocents", ajoute-t-il. Le conseil espère que "la justice ne se fourvoye pas à nouveau en mettant en cause Jacqueline Jacob avec des pseudos expertises et des approximations", rappelant que la stylométrie n'était pas reconnue en France. 

Son confrère Stéphane Giuranna, l'avocat de Marcel Jacob, dénonce également des expertises stylométriques "d'un ridicule absolu". "Ils (les protagonistes de l'affaire) ont tous à peu près le même âge, ils habitent tous, peu ou prou, dans un rayon de 10 km, ils ont tous eu les mêmes enseignants. En gros, ils ont tous le même style, tous la même syntaxe et on vient donner plusieurs dizaines de milliers d'euros de l'argent du contribuable pour essayer de faire un rapprochement", fustige-t-il. 

Selon Me Berna, Jacqueline et Marcel Jacob n'ont pas été réinterrogés. "Ce sont des gens fragiles et qui ont subi avec une violences inouïe les dernières vicissitudes du dossier. Je crains qu'on ait rouvert la boîte de Pandore", regrette l'avocat. 

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