Journée des droits des femmes : des appels à la grève à 15h40

Journée des droits des femmes : des appels à la grève à 15h40
Syndicats et associations féministes appellent à la grève le 8 mars 2017 à 15h40, pour protester contre les inégalités salariales entre les femmes et les hommes. Ici, une manifestation le 8 mars 2015. (Photo d'archives)

Orange avec AFP, publié le mercredi 08 mars 2017 à 14h10

Et si la journée de travail s'arrêtait à 15h40 ? Pour les femmes françaises, c'est en tous cas l'heure à laquelle elles arrêtent d'être payées, si l'on prend en compte la différence de salaire avec les hommes. C'est pourquoi, à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, des syndicats et des associations féministes appellent les femmes à cesser le travail à cette heure.

Aujourd'hui, les femmes gagnent toujours moins que les hommes.

Et ces écarts de salaires diminuent "très lentement", pointe l'Insee. En 2014, dans l'ensemble des secteurs privé et public, il était inférieur de 24% (contre 27% en 1995). "L'écart de salaire horaire atteint 17%, il provient des différences d'âge, de diplôme ou du type d'emploi occupé mais il reste une partie qu'on ne peut expliquer et qui peut être le reflet de pratique de discrimination en défaveur des femmes", estime l'institut.



"Le 8 mars, ce n'est pas la journée de LA femme, où nous offrir des fleurs ou des produits de beauté, c'est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes", revendique le site 8mars15h40.fr, mis en place par un collectif de syndicats, d'associations féministes et d'ONG. On y retrouve la CGT, FSU et Solidaires côté syndicats, et de très nombreuses associations, comme les Femen, Les Effronté-e-s, , Osez le Féminisme, les Chiennes de Garde, Le Planning Familial...

52% DE LA POPULATION

"En France, les femmes sont toujours payées 26% de moins que les hommes et arrêtent chaque jour d'être payées à 15h40. Nous refusons de continuer à travailler gratuitement, d'être enfermées dans les temps partiels, de ne pas avoir de perspective de carrière ou d'être confrontées à des violences sexistes et sexuelles. A la veille de l'élection présidentielle, faisons entendre les exigences des femmes qui représentent 52% de la population. Le 8 mars à 15h40, toutes et tous en grève !", poursuit le communiqué.

A l'heure dite, place de la République, cris, sifflets et tam-tams ont résonné pour faire un maximum de bruit au milieu de banderoles et panneaux sur lesquels on pouvait lire "Travailler autant pour gagner moins" ou encore "Nous sommes 52%, nous sommes puissantes".

"Quand on regarde l'histoire du féminisme on a gagné pas mal de batailles", explique Suzy Rojtman, du Collectif national pour les droits des femmes, citant l'avortement ou encore la lutte contre les violences faites aux femmes, "mais sur le travail c'est plus difficile, c'est un peu un bastion", constate-t-elle.



Devant le centre Georges-Pompidou à Paris, une "performance" artistique à la manière de l'artiste Niki de Saint-Phalle organisée par les syndicats SNAC-FSU, CGT et SUD des personnels de la culture invitait à tirer au pistolet à peinture sur un mur de mots-clefs évocateurs des grandes conquêtes féministes pour rappeler que l'égalité est un "combat". "Moi j'ai les armes pour me défendre. Je pense aujourd'hui aux femmes qui se sentent dévalorisées, sont dans des rapports inégaux qu'elles ont intériorisés. Il faut leur faire comprendre que les choses qui leur paraissent normales ne le sont pas", explique Elsa (CGT), de l'Institut national d'histoire de l'art, l'une des participantes.

A Toulouse, une manifestation organisée par quatre syndicats et une douzaine d'associations féministes a réuni entre 550 et 1.000 personnes selon les sources.

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