Johnny: un "saltimbanque", un "rockeur et troubadour"

Johnny: un "saltimbanque", un "rockeur et troubadour"

Le chanteur Maxim Nucci, alias Yodelice (g, devant) et le manager de Johnny Hallyday Sébastien Farran (g, derrière) portent, avec des proches du chanteur, son cercueil dans l'église de la Madeleine, le 9 décembre 2017 à ...

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AFP, publié le samedi 09 décembre 2017 à 14h43

Les écrivains Philippe Labro et Daniel Rondeau ont salué samedi en Johnny Hallyday un "saltimbanque", "rockeur et troubadour forever", et qui trône désormais "sur le podium des mythologies françaises", lors de la cérémonie religieuse en hommage au chanteur décédé mercredi.

"Il aimait choisir les mots, les chanter et les dire pour qu'ils atteignent tous les publics. Cet homme, seul capable aujourd'hui de créer un tel moment, de créer une communion populaire, Johnny Hallyday, qui était-il ?", s'est interrogé Philippe Labro, qui lui a écrit plusieurs chansons.

"Un alchimiste, un voyageur, un aventurier, un combattant, un caméléon, un athlète, un artisan, un artiste, un fédérateur, un inventeur, un solidaire, un rockeur, un amoureux, un biker, un généreux, un père par deux fois, un enfant dans un corps d'adulte, un adulte aux yeux d'enfants...", a-t-il tenté de répondre, avant de décrire le parcours du chanteur.

"La gloire et la grâce, tel pourrait être le titre du roman de sa vie", a-t-il résumé,. Il a aussi mis en parallèle les difficultés de l'artiste à l'"enfance tronquée, trompée, truquée", et le bonheur qu'il avait su trouver auprès de ses fans, sa famille et ses amis.

"A travers les chutes, les rebonds, les excès et les extravagances, Johnny est resté le même homme, (...) comme si la gloire ne l'avait pas fait vaciller", et malgré "l'empreinte majeure, jamais effacée, de l'abandon paternel dont il fut victime, il a résisté au danger de cette gloire dévoyée, et ce faisant, il s'est construit", a estimé l'écrivain-journaliste.

Prenant ensuite la parole, Daniel Rondeau, à qui Johnny Hallyday avait raconté sa "vie de destroyance", dans une interview choc publiée en 1998 dans le Monde, est quant à lui revenu sur la carrière du rockeur, "un enfant de la balle, un saltimbanque sans autre racine que la musique". 

Il a aussi évoqué sur le lien très fort qu'il avait forgé avec le public. "Johnny n'oubliait jamais qu'il tenait sa couronne des faubourgs et des bas quartiers", et "pour la plupart de ses fans, souvent des fils de personne, le seul rapport qu'ils entretenaient avec les mots et avec une forme de poésie populaire, c'étaient ses chansons". 

"Johnny Gavroche nourrissait sa propre faim de poésie en mêlant ces vies de misérables à la sienne", a-t-il développé, rappelant un épisode de sa carrière où il avait versé son cachet à des mineurs en grève en Moselle.

"Johnny règne aujourd'hui sur le podium des mythologies françaises, coulé dans le bronze de la dévotion populaire, entre de Gaulle et Tintin", a lancé Philippe Rondeau, estimant que Johnny était devenu "l'ange crucifié, le fils prodigue, rockeur et troubadour forever".

"Notre coeur français bat pour toi", a-t-il conclu.

 
19 commentaires - Johnny: un "saltimbanque", un "rockeur et troubadour"
  • bertille non c'est impossible que sa femme aie tout organisé .comment aurait t'elle prévu un tel service d'ordre et s'octroyer le droit de descendre les champs elysée en cortege avec le corbillard de johnny. la place de la madeleine fermée.non tout cela est certainement du au service de l'état et de la mairie de paris depuis quelques jours car nul n'ignorait le trés proche décés de johnny .

  • Pendant ce temps oubliés Maélys, grégory, etc... Ce n'est pas pareil me diraient vous, mais les Français y pense chaque jour tout de toute les façons. paix à JOhnny, il a allumé le feu, pourvu que ce ne soit pas le feu de l'enfer. Qu'il aille au paradis tout de méme , il a donné tant de bonheur.

  • Il aimait choisir les mots, (sic) , il a écrit combien de chansons?

  • c'est Jésus de Molenbeek adoré des Belges occultés pendant la cérémonie

  • Il l'a fait !

    Ce dont aucun homme politique n'aurait osé rêver, il l'a rendu possible. Quoi donc ? Mais le rassemblement. L'union. L'union sacrée ....
    Car ils étaient tous là. Les fans, les proches, les moins proches, les artistes, les élites, les politiques ...
    Et puis surtout, le Peuple. Avec un "P" majuscule. Celui des anonymes, des obscurs, des sans grade ... Surtout lui. Incroyablement là. Présent. Imposant. Quelle force ! Impossible de ne pas être pris à la gorge par ce qui émanait de ce grand corps-là, porté, transporté, sublimé par la musique. Et un chanteur absent Soudain multiplié.

    Je contresigne, de A à Z ! Magique, cette union sacrée qui ne s'est pas faite contre le malheur comme après Le Bataclan mais pour le bonheur, la joie d'être ensemble dans ce monde qu'on dit dépassé et que l'immense majorité ne veut pas quitter, de génération en génération.

    Le bonheur, oui. Rien d'autre que le bonheur.
    “Ah, vous autres, hommes faibles et merveilleux qui mettez tant de grâce à vous retirez du jeu ! Il faut qu'une main, posée sur votre épaule, vous pousse vers la vie... Cette main tendre et légère...”
    Quelque chose en nous de Tennessee ?

    J'avoue avoir découvert beaucoup de chansons de Johnny Halliday lors de cette journée d'adieu ! Pas vraiment adepte de sa musique je ne connaissais pas les textes dont la plupart sont fort beaux.

    "je ne connaissais pas les textes dont la plupart sont fort beaux" .....
    Hmmm, oui, sachant qu'il n'était pas l'auteur
    rendons à César ce qu'il lui appartient
    Heurusement personne ne s'est attardé à dire ceci pour Jacques Brel, Georges Brassens et .... Barbara !

    Vous savez, sauf quelques exceptions les textes sont souvent écrits par d'autres, y compris au plus haut sommet de l'Etat :-) Mais il y a la façon de dire, ou de chanter, qui fait qu'on y croit ou pas parce que celui qui les dit, ou les chante, y croit ou pas. Et puis, en ce qui concerne le chanteur, qu'on ait aimé ou pas sa musique, l'homme malgré tous ses excès était quelqu'un de bien, sincère - oui, j'insiste toujours sur ce point, la sincérité - respectueux de son public et qui ne se croyait pas autorisé sous prétexte qu'il était célèbre à donner un avis sur tout et sur rien, modeste en somme.. Respect, pour ce qu'il a donné à ceux qui sont venus par milliers, lui rendre hommage. Eux aussi sont respectables.

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    rosi-rosa-rosam  (privé) -

    Pour ma part, je me suis attardée à la contemplation de la Maman avec ses deux petites filles, telles trois petits chats dont elles avaient les postures et les gestes, serrées les unes contre les autres, blotties contre la mère, tantôt une caresse du museau, une patte enveloppante, une pression de la tête, une plainte étouffée... Troublant... et le parrain Jean Reno tout proche n'en était pas exclu...

    Johnny n'était pas non plus un de mes favoris. Dans ce type de registre, je suis plus jazz que rock. Et je serais bien incapable de parler des rockers français et de leur valeur par rapport au rock américain (et bien qu'il ne faille pas comparer ...) Eddy Mitchell plutôt ?
    Par contre, ce qu'il faut dire -mais ce n'est que mon avis- c'est que personne n'aurait été capable d'imaginer l'ampleur de cette incroyable réaction populaire qui a dépassé largement la personne de Johnny Hallyday. Il est devenu un symbole (de quoi ?), une figure emblématique, un porte-parole. Et ce qui s'est passé Samedi dans les rues de Paris ou à la Madeleine, ce fut, qu'on le veuille ou non, qu'on soit fan ou pas, quelque chose d'unique.

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    rosi-rosa-rosam  (privé) -

    Coeur de Rockeur... chaleur du coeur, chaleur humaine... et toutes générations réunies, dans cette circonstance particulière...

    Très jolis commentaires ! En effet, les petites puces lovées contre maman, la plus petite surtout, désemparée, et toutes les deux sûrement pas préparées à ce déferlement. Trois petits chats, c'est tout-à-fait ça, Pénélope. Oui, Jani, personne ne s'attendait à cette marée humaine, silencieuse, digne, responsable, et comme je l'ai déjà dit, ici je crois, ça avait effectivement à voir avec les grandes funérailles du siècle passé. On a comparé à Victor Hugo et quelque part c'est juste car on avait l'impression que c'était les mêmes que pour la mort du grand écrivain, si près du peuple, qui était encore là samedi dans les rues de Paris, venus des quatre coins de la France. Johnny lui-même n'aurait-il pas été surpris de cette ferveur ? Oui, ferveur, c'est bien le mot. Je pense aussi qu'Emmanuel Macron, dans les quelques secondes qui ont précédé son discours, a pris la mesure de ce qu'était vraiment le peuple. Je n'oublierai jamais l'expression de son visage avant de prononcer les premiers mots.. avant de se jeter à l'eau ! Il jouait gros, à ce moment-là et il le savait. Il faut reconnaître qu'il s'en est bien tiré, probablement parce que lui aussi a été pris dans cet élan .. ? C'est comme ça qu'on grandit !

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    rosi-rosa-rosam  (privé) -

    Unique en effet... il est certain que l'on a parlé beaucoup des obsèques d'Edith Piaf, dont le public était imprégné d'une éducation antérieure à la nôtre ; par contre, et cela m'a fait sourire, absolument personne n'a eu l'idée d'évoquer celles de Tino Rossi, travaillant alors dans le quartier de l'Opéra, je me souviens encore de l'hystérie ambiante que vous pouvez imaginer de la part de son public ! de grands moments d'Histoire humaine !

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    rosi-rosa-rosam  (privé) -

    Johnny, Eddy... Eddy est un puriste, presque confidentiel, à la limite de ne travailler que pour lui-mm... Johnny lui, en plus de travailler la technique, a donné le spectacle, l'esthétique, l'artistique... un orateur l'a très bien dit : un Forain... à noter en passant que personne n'a évoqué ce "détail" non négligeable qu'il a débuté sa vraie carrière sous la direction de l’imprésario Johnny Stark.

    Vous avez vu, on n'arrive pas à cesser d'en parler, comme si on voulait retenir ce moment. Il nous a fait réaliser qu'il y a des grands manques dans notre société, notamment un manque flagrant de fraternité. Un observateur disait que le décès de Johnny nous privait à tout jamais de ce temps qui n'était pas encore celui du zapping, du tout connecté où nous n'avons plus de prise sur rien, celui du selfie et de l'immédiat-eté.

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    rosi-rosa-rosam  (privé) -

    Retenir le moment.... "retiens la nuit.etc", il savait tout... S'il en est un autre qui peut tout comprendre lui aussi, c'est bien Macron, je n'osais pas en parler Ayalou ! hors de question de mettre une seconde en doute son intelligence aiguë des situations... Il s'en est bien tiré, comme vous dites ! sa justesse de ton d'entrée a eu un impact visible immédiat sur l'émotion de l'assistance, les larmes ont tout submergé... Peut-être parce qu'il a aimé être là ? si vous observez son visage durant toute la cérémonie, nul doute sensiblement peiné, visiblement heureux d'être là, lui aussi... amusé par les impros des musiciens, touché par les mots dont il connait les trésors, par ces émotions généreuses et sincères (...) dans lesquelles il ne doit pas baigner tous les jours... il m'a paru partir à regret d'avoir à subir le protocole, qu'il serait bien resté encore un petit moment... Alors qui sait ? Macron coeur de rockeur ? peut-être bien... dans ce cas, l'avenir n'est pas perdu !

    Dernier signe, cette cérémonie à l'église de la Madeleine juste le jour anniversaire de la loi de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, adoptée le 9 décembre 1905... d'où le discours sur le parvis de l'Eglise ...:-)) Des signes en veux-tu en-voilà !

    C'est fini. Les bikers de Saint-Barth ont bien essayé de prolonger la magie mais, hélas ... Celui qui chantait "pour effacer la nuit", le chanteur sincère qui aimait son public a de nouveau endossé une autre image, celle d'un milliardaire parmi d'autres milliardaires ...

    Oui, mais c'est pas grave, et comme disait je ne sais plus qui, "ne critiquez donc pas tant les riches, ça pourrait vous arriver", (même s'il y a peu de chance que ça arrive à la majorité" d'entre nous, le tout étant de savoir si c'est si important, d'être riche, la sobriété, heureuse ou pas, étant plutôt notre lot :-). Il n'en reste pas moins qu'il aimait, vraiment, son public et que celui-ci vient de lui prouver que c'était réciproque au-delà de toute espérance. Tout le reste n'est que l'écume des choses, comme l'avait dit un précédent président qui s'était essayé à jouer avec les mots, et qui s'en est pris plein la gueule - pour reprendre une expression de Johnny.

    L' écume des choses ...Celle qui surnage à la surface des bouillonnements médiatiques. Après une image, une autre image. Toujours destinée à faire le buzz. A nous de faire le tri dans le fatras.

    Et que ma joie demeure.

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