Jihadistes françaises : elles sont des "combattantes", à "traiter comme telles", selon Le Drian

Jihadistes françaises : elles sont des "combattantes", à "traiter comme telles", selon Le Drian
Jean-Yves Le Drian à Paris, le 8 mars 2019.

Orange avec AFP-Services, publié le dimanche 31 mars 2019 à 14h26

"Ceux qui sont français et qui ont combattu dans les rangs de Daech ont combattu la France. Ce sont donc des ennemis", a tranché le ministre.

"Il n'y a pas de retour".

Jean-Yves Le Drian a exclu un retour des femmes française qui ont rejoint l'État islamique en Irak et en Syrie. Elle sont des "combattantes" qui doivent être "traitées comme telles", a avancé le ministre des Affaires étrangères dans un entretien publié dimanche 31 mars dans Ouest-France.

"Je note avec attention la forme de compassion qui existe de la part d'un certain nombre d'avocats de femmes , mais ce sont des combattantes, des militantes du jihadisme. Elles doivent donc être traitées comme telles", déclare le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.



La position de la France est "très claire depuis le début", "c'est qu'il n'y a pas de retour", réitère M. Le Drian, en ajoutant: "Ceux qui sont français et qui ont combattu dans les rangs de Daech ont combattu la France. Ce sont donc des ennemis, et il faut qu'ils soient traités et jugés là où ils ont commis leurs crimes, singulièrement en Irak et en Syrie (...) Ce que je viens de dire vaut pour les hommes et pour les femmes. Pour les femmes comme pour les hommes. Parce que, lorsqu'on va en Irak et en Syrie, en 2014, 2015, 2016, c'est généralement pour combattre", fait valoir le ministre, interrogé sur une éventuelle distinction entre jihadistes hommes et femmes.

"Il y a le problème des enfants. Et des enfants en bas âge dont les mères pourraient éventuellement renoncer à assurer la garde, observe M. Le Drian. Cela se voit au cas par cas, en relation avec la Croix-Rouge. Avec beaucoup de vigilance, parce qu'il ne faut pas faire d'angélisme sur ces affaires. Parce qu'il y a aussi une espèce d'utilisation, de manipulations qui peuvent être faites de la compassion humaine", estime-t-il, ajoutant: "Donc, la France respectera le droit, et respectera aussi la sécurité des Français. Le droit et la sécurité des Français, ce sont les principes fondamentaux de notre position sur ce sujet".

Selon le secrétaire d'État à l'Intérieur, Laurent Nuñez, 500 enfants sont "issus de parents français qui évoluent sur zone" en Irak et en Syrie. Sur ces 500, "une petite centaine est revenue depuis 2015" et certains sont décédés. Quant aux "200 à 300" autres, "on ne sait pas très bien où ils sont", avait déclaré jeudi soir le secrétaire d'État sur France 2.

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