"Jihad médiatique": début du procès de Farouk Ben Abbes, figure de l'islamisme radical

"Jihad médiatique": début du procès de Farouk Ben Abbes, figure de l'islamisme radical
Farouk Ben Abbes au Palais de justice de Paris le 4 juillet 2018
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AFP, publié le mercredi 04 juillet 2018 à 16h36

Le procès d'une figure de l'islam radical, Farouk Ben Abbes, et de trois autres prévenus, jugés pour avoir administré le site jihadiste de référence Ansar al-Haqq à la fin des années 2000 et l'avoir utilisé pour inciter au jihad, a débuté mercredi à Paris.

Petit homme porteur d'une fine barbe, Farouk Ben Abbes, Belgo-Tunisien de 32 ans, comparaît libre devant le tribunal correctionnel. Tout comme deux de ses coprévenus, âgés de 32 et 35 ans. Le quatrième est en Syrie.

Dans l'après-midi, le tribunal a rejeté la demande des avocats de Farouk Ben Abbes de transmettre une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) à la Cour de cassation, ouvrant la voie à l'examen du fond de l'affaire.

William Bourdon et Vincent Brengarth avaient soulevé cette QPC portant sur le délit d'association de malfaiteurs à visée terroriste pour lequel les prévenus sont jugés, considérant que les faits reprochés à leur client ne correspondent pas à la définition stricte du délit.

Farouk Ben Abbes conteste avoir recruté pour le jihad par ses publications sur Ansar Al-Haqq - "Les partisans de la vérité" - et affirme n'avoir fait qu'y diffuser des informations. 

Présenté comme une figure de la mouvance islamiste radicale, lui dont le nom apparaît dans plusieurs dossiers antiterroristes, comparaît pour la première fois dans une affaire de ce type.

Les quatre hommes doivent être jugés jusqu'à vendredi pour des faits bien antérieurs au début de la guerre en Syrie et à la vague d'attentats ayant frappé la France.

Ils sont accusés d'avoir "endoctriné", "incité", voire "recruté" pour le combat armé entre 2006 et 2010, via diverses publications sur Ansar Al-Haqq, qui "soutenait ouvertement les combattants jihadistes et les organisations terroristes", dans un "jihad médiatique" prôné notamment par Al-Qaïda.

Le prévenu parti en Syrie en 2015, Léonard Lopez, serait actuellement aux mains des Kurdes syriens. Assurant qu'il "souhaite rentrer" et "être acteur de son procès", son ancien avocat avait demandé en vain le renvoi de son procès.

Décrit par les juges comme le "site francophone jihadiste de référence", le forum créé en 2006 est désormais fermé.

Jamais condamné, sauf pour des manquements à son assignation à résidence, Farouk Ben Abbes a bénéficié d'un non-lieu dans une enquête sur des projets d'attentats signalés en 2009 par les autorités égyptiennes, où la salle de spectacles du Bataclan apparaissait parmi les cibles, six ans avant l'attaque du 13-Novembre qui y fit 90 morts.

A son retour d'un séjour à Gaza, Ben Abbes avait été arrêté en avril 2009 en Egypte puis remis à la Belgique en 2010, et interpellé en France la même année dans l'enquête sur ces projets d'attentats. Mais un non-lieu avait été prononcé en 2012 par les juges parisiens, faute d'avoir pu recueillir des charges suffisantes auprès des autorités égyptiennes. 

Dans le public est assise Catherine Vannier, la mère de Cécile, une lycéenne tuée en 2009 au Caire. Farouk Ben Abbes est cité dans ce dossier mais n'y est pas poursuivi.

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