Jeune tué à Nantes : le policier auteur du tir change sa version

Jeune tué à Nantes : le policier auteur du tir change sa version
À Nantes, une troisième nuit de violences après la mort d'un jeune tué par un policier (Illustration).

Orange avec AFP, publié le vendredi 06 juillet 2018 à 13h53

Alors qu'il invoquait dans un premier temps la légitime défense, le policier auteur du tir affirme désormais avoir tiré "par accident".

Que s'est-il passé à Nantes mardi soir 3 juillet ? Aboubakar, un jeune homme de 22 ans originaire de la région parisienne, est mort après avoir été touché par balle par un policier lors d'un contrôle. Selon les premières explications, il a été blessé lors d'un contrôle de police, alors qu'il était à bord d'un véhicule : il aurait "refusé d'obtempérer" avant de "reculer intentionnellement" vers un fonctionnaire de police qui a fait usage de son arme.

Il a été touché à la carotide avant de mourir à l'hôpital.

Placé en garde à vue jeudi 5 juillet par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner", l'auteur du tir plaidait jusque-là la légitime défense. Il affirme désormais qu'il s'agissait d'un tir accidentel. "Il a reconnu avoir fait une déclaration qui n'était pas conforme à la vérité", a déclaré à l'AFP son avocat Laurent-Franck Lienard. "Il a déclaré que c'était un tir accidentel", a ajouté Me Lienard.

Le policier a expliqué avoir cherché à interpeller Aboubakar à l'intérieur du véhicule. Un affrontement s'est alors engagé. Alors qu'il avait la moitié du corps dans l'habitacle du véhicule et qu'il tenait son arme à la main, le coup est parti accidentellement, précise RTL. Il devrait être déféré dans l'après-midi, a indiqué son avocat.

Depuis la mort d'Aboubakar, Nantes s'enflamme. Quatre personnes ont été interpellées dans la nuit de jeudi à vendredi lors d'une troisième nuit de violences.



La soirée de jeudi avait débuté par une marche blanche dans le calme d'un millier de personnes au Breil pour réclamer "vérité" et "justice pour Abou".

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