"Je pense que c'est quelqu'un qui avait envie de créer de la terreur", estime l'ex-compagne de Nordahl Lelandais

"Je pense que c'est quelqu'un qui avait envie de créer de la terreur", estime l'ex-compagne de Nordahl Lelandais
Nordahl Lelandais a reconnu avoir tué la petite Maëlys en août 2017 (photo d'illustration)

, publié le vendredi 25 octobre 2019 à 09h36

La femme qui a partagé la vie de Nordahl Lelandais durant un an et demi, avant de le quitter quelques mois avant son arrestation pour le meurtre de la petite Maëlys, témoigne pour la première fois face aux caméras. Dans "Envoyé spécial", elle a décrit un homme capable de "coups de colère disproportionnés" et affirme être s'être rendue quatre fois à la gendarmerie pour se plaindre de lui.

Karine* a été en couple avec Nordahl Lelandais de mai 2015 à décembre 2016.

En août 2017, le maître-chien âgé aujourd'hui de 36 ans était arrêté pour le meurtre de la petite Maëlys. Depuis l'ancien militaire a été mis en examen dans cette affaire et dans trois autres : l'assassinat du caporal Arthur Noyer et les agressions sexuelles de deux petites cousines. Une nouvelle plainte a par ailleurs été déposée récemment pour la jeune homme de 18 ans. 

Jeudi 24 octobre, la jeune femme a témoigné dans l'émission "Envoyé spécial" sur France, à visage couvert. Elle est revenue sur cette histoire "assez fusionnelle" d'un an et demi qui a commencé via un site de rencontres. Il était à l'époque "plutôt froid", c'était quelqu'un "qui ne rigolait pas beaucoup". Il était par ailleurs très "coléreux", "très emporté", "extrêmement jaloux" et pouvait "facilement avoir envie de se battre" et capable de "coups de colère disproportionnés". Il se disait traumatisé par l'armée, à tel point qu'elle lui avait conseillé de voir un psychologue. Selon elle, Nordahl Lelandais est un homme instable, infidèle, cocaïnomane.



Après la rupture, la traque

Leur histoire prend fin en décembre 2016 quand elle décide de rompre. Une situation qu'il n'aurait pas supporté, révélant ainsi une face encore plus sombre de sa personnalité. "À partir de là, il va être partout. C'est un harcèlement consacré surtout à me mettre la pression, à me guetter, à me traquer", se souvient-elle. Il était "toujours dans (s)on champ de vision". Que ce soit sur la route ou lors de ses balades, elle retrouve fréquemment "des pyramides de galets", "son truc du moment", "pour que je sache qu'il était là". Il vient également plusieurs fois la nuit chez elle pour vérifier qu'elle est bien là.

En avril 2017, elle le croise en forêt, alors qu'elle est seule. Ne voyant pas d'issue, elle se décide à lui faire face et attend le coup de poing. Mais il passe finalement à côté d'elle "froidement"."Et c'est là que je vais voir une tronçonneuse en sacoche, dans le dos. Je suis partie en courant, j'avais très peur", raconte-t-elle. "Pour moi c'était quelqu'un qui avait envie de créer de la terreur", confie-t-elle, estimant "qu'il y avait une forme de sadisme à avoir sa proie".

"Ça va faire deux ans que je suis seule au monde"

Malheureusement, elle ne peut rien prouver de cette pression que Nordahl Lelandais fait peser sur elle. "Je suis prisonnière, je suis piégée", déplore-t-elle. À bout, Karine s'est rendue quatre fois à la gendarmerie, mais regrette n'avoir jamais été prise au sérieux. En juillet 2017, elle vient notamment porter plainte car son ancien compagnon lui a foncé dessus en voiture. Mais ce dernier a témoigné avant elle et face à la sienne, la version de la jeune femme ne tient pas. Au point, précise-t-elle que dans un premier temps, les gendarmes refusent de prendre sa plainte. Le gendarme qui finit par prendre sa déposition aurait eu cette phrase : "Et puis vous, vous arrêtez de le provoquer, un peu !"

Un mois et demi plus tard, Nordahl Lelandais est arrêté pour le meurtre de Maëlys, qu'il reconnaîtra quelques mois plus tard. "Pour moi c'était un harceleur de femmes. C'était impensable", assure Karine. "Le choc émotionnel a été grand. Ça va faire deux ans que je suis seule au monde", confie-t-elle. 

Même après ces révélations, les gendarmes qui l'ont interrogée dans le cadre de l'enquête aurait mis en doute ses propos. "Je considère avoir été maltraité par la gendarmerie", regrette-t-elle. Son avocat veut porter plainte contre la gendarmerie pour non-assistance à personne en danger.

*Le prénom a été modifié.

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