"J'y pense tout le temps" : tabassé par trois policiers, le producteur Michel Zecler encore traumatisé

"J'y pense tout le temps" : tabassé par trois policiers, le producteur Michel Zecler encore traumatisé©Panoramic

, publié le samedi 12 décembre 2020 à 14h00

Michel Zecler a été passé à tabac par trois policiers le 21 novembre dernier et les images de ces violences, diffusées quelques jours plus tard, ont suscité une vive polémique en France. Encore marqué par cet événement, le producteur de musique parisien s'est livré dans un entretien accordé au Monde. 

Samedi 21 novembre, dans le XVIIe arrondissement de Paris, trois policiers ont passé Michel Zecler à tabac à l'intérieur de son studio d'enregistrement avant de le conduire au commissariat.

Mais ce n'est qu'un peu plus tard, jeudi 26 novembre, que cette affaire a pris une résonance nationale. Captées par des voisins et des caméras de vidéosurveillance, les images de ces violences ont été diffusées par le média Loopsider. Et elles ont immédiatement fait scandale.



Visés par une enquête de l'IGPN, les trois policiers (plus un autre, qui avait lancé une bombe lacrymogène dans le studio) ont été suspendus puis inculpés. Deux d'entre eux sont d'ailleurs écroués. Pour Michel Zecler, l'heure est à une lente et difficile reconstruction. Les séquelles sont physiques, comme en témoigne l'attelle qu'il porte à un bras. Mais pas seulement. "Sur le plan psychologique, j'ai vraiment du mal, j'ai pris rendez-vous avec un psychiatre," a-t-il avoué au cours d'un entretien accordé au Monde

"Il y a forcément une chaîne de complaisance" 

Le producteur de musique reconnaît que l'agression est toujours bien présente dans son esprit. "C'est un peu difficile pour moi, parce que je pensais que j'allais mieux gérer que ça, mais j'y pense tout le temps," souffle-t-il. Les coups qui lui étaient portés étaient d'une grande violence, mais ce pratiquant assidu de krav maga (il est ceinture noire) a veillé à ne surtout pas riposter. "Je me dis, si je rends les coups, avec ce qu'ils me font, ils vont sortir leur arme, ils vont me tuer." 

S'il refuse d'accabler les forces de l'ordre dans leur ensemble ("c'est évident qu'il y a des éléments racistes dans la police. J'en connais beaucoup qui ne le sont pas"), Michel Zecler concède néanmoins que le problème dépasse le simple cas des trois fonctionnaires qui s'en sont pris à lui. "Il fallait que ces trois policiers se sentent en confiance pour aller aussi loin dans leurs actes, dans leurs propos. Pour que trois personnes puissent se comporter comme ça, il y a forcément une chaîne de complaisance... Et ça fait peur."

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