"J'étais Daesh" : les confessions d'un radicalisé

"J'étais Daesh" : les confessions d'un radicalisé
Une cellule de prison, à Fresnes, le 11 janvier 2018.

Orange avec AFP, publié le dimanche 08 avril 2018 à 22h39

Son procès s'ouvre lundi 9 avril à Paris. Le Monde et Le Parisien ont eu accès aux auditions de cet ancien militaire.

Le 13 jihadiste 2015, Djebril A.

est arrêté par la Direction générale de la sécurité intérieure. Il est soupçonné d'avoir projeté un attentat contre la base militaire de Fort Béar, dans les Pyrénées Orientales. Djebril A. y a servi pendant deux ans avant d'être réformé pour dépression.



"Je me suis tourné vers l'islam car c'était une période où je cherchais une base solide, où je cherchais un sens à ma vie. J'étais seul, vraiment seul", se souvient Djebril A, qui explique en garde à vue comment sa "quête" s'est transformée en radicalisation.

Prêt à "mourir en martyr"

"Je suis hypnotisé. Je me lève Daesh, je mange Daesh, je vis Daesh [...] Je passais ma vie dans ma chambre, Youtube-Daesh-Youtube-Daesh. On ne vit que de ça", explique encore l'ancien militaire. "Je n'étais pas musulman, j'étais Daesh", résume-t-il.

Endoctriné par les vidéos qu'il regarde sur internet, les attentats de janvier 2015 renforcent sa conviction de passer à l'acte : "c'est parce qu'il y a eu les attentats que je me suis dit qu'il fallait faire quelque chose".

Il décide alors d'attaquer le plus haut gradé du sémaphore alors qu'il reconnaît ne pas avoir de "rancoeur spécifique" contre lui. "Daesh nous fait tuer quelqu'un contre qui on n'a pas forcément de rancoeur. C'est tout le paradoxe [...] nous faire tuer quelqu'un qu'on ne déteste pas".

Lui qui était prêt à "mourir en martyr" abandonne finalement son projet après des doutes. Aujourd'hui, Djebril A a pris ses distances avec Daesh et considère avoir commis une "erreur monumentale". Il encourt jusqu'à 20 ans de réclusion.

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