"J'ai eu dix minutes pour quitter mon domicile" : la DRH de Charlie Hebdo exfiltrée après des menaces

"J'ai eu dix minutes pour quitter mon domicile" : la DRH de Charlie Hebdo exfiltrée après des menaces
La DRH de Charlie Hebdo Marika Bret lors du procès des attentats de janvier 2015, le 9 septembre 2020.

, publié le mardi 22 septembre 2020 à 11h56

Marika Bret a expliqué lundi avoir dû quitter précipitamment son domicile la semaine dernière après des "menaces précises et circonstanciées". Elle accuse accuse notamment Jean-Luc Mélenchon d'alimenter "un climat de haine".

"J'ai eu dix minutes pour faire mes affaires et quitter mon domicile". A la suite de "menaces précises et circonstanciées" reçues le 14 septembre par les officiers de sécurité qui la protègent depuis bientôt cinq ans, la directrice des ressources humaines de Charlie Hebdo, Marika Bret, a été contrainte de partir de chez elle alors que se déroule actuellement le procès des attentats de janvier 2015.

"Dix minutes pour abandonner une partie de son existence, c'est un peu court, et c'est très violent. Je ne reviendrai pas chez moi", a-t-elle confié au Point lundi. "Ça fait cinq ans que je suis protégée par des officiers de sécurité. Ce genre de choses, ça ne se discute pas, je fais confiance en leur compétence. Ils m'ont expliqué que probablement je ne réintégrerais jamais mon domicile. C'est difficile à digérer (même si) j'ai intégré l'idée que j'allais déménager", a-t-elle également raconté à Franceinfo

"Je suis partie chez des amis, heureusement que je suis bien entourée. Je suis arrivée en leur disant que j'étais réfugiée politique chez eux pour mettre un peu d'humour. C'est ce que m'ont appris des gens comme Cabu, ou Charb", tués sous les balles des frères Kouachi en janvier 2015. 

Mélenchon alimente un "climat de haine"

Une exfiltration qui "traduit le niveau de tension inédit auquel nous sommes confrontés", note-t-elle dans les colonnes du Point, en soulignant "un niveau de haine hallucinant autour de Charlie Hebdo". "Depuis le début du procès et avec la republication des caricatures, nous avons reçu toutes sortes d'horreurs, notamment des menaces de la part d'Al-Qaïda et des appels à finir le travail des frères Kouachi", témoigne Marika Bret.

L'organisation jihadiste Al-Qaïda a menacé d'attaquer de nouveau Charlie Hebdo, qui a réédité des caricatures du prophète de l'islam Mahomet à l'occasion du procès, affirmant que le raid meurtrier de janvier 2015 contre le journal "n'était pas un incident ponctuel".

" Charlie  n'a jamais cessé de recevoir des menaces. On est dans cette anormalité là depuis cinq ans et j'avoue que pendant le procès, c'est particulièrement dur", a déploré Marika Bret sur Franceinfo

La DRH de Charlie Hebdo accuse également le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon d'alimenter "un climat de haine". "Mais Jean-Luc Mélenchon n'est pas le seul. Beaucoup de responsables politiques ont, par clientélisme ou par peur, oublié des notions fondamentales comme la citoyenneté", estime-t-elle. "On ne s'adresse pas à des électeurs potentiels en fonction de leur couleur de peau ou de leur religion, c'est la négation même de ce que doit être la politique".

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