Islamisme : d'où viennent les appels au "boycott" de la France ?

Islamisme : d'où viennent les appels au "boycott" de la France ?
Recep Erdogan et Emmanuel Macron, en janvier 2018, à Paris

, publié le dimanche 25 octobre 2020 à 09h10

Ces réactions font notamment suite aux déclarations d'Emmanuel Macron sur la liberté d'expression et les caricatures, perçues par certains pays musulmans comme une offense.

Des appels au boycott ont été lancés dans plusieurs pays arabes, alors qu'en Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a pris pour cible Emmanuel Macron pour ses prises de position sur le "séparatisme islamiste" et la liberté d'expression, après la mort de Samuel Paty. Depuis, "les Turcs diffusent une sorte de propagande absurde, par exemple que le président a décidé de projeter les caricatures de Mahomet sur les bâtiments publics", ajoute l'entourage d'Emmanuel Macron. Dans la lignée de ces contestations, un appel au boycott de produits français s'est propagé en ligne via le hashtag "Boycott France Products".

Dans la péninsule arabique, l'Université du Qatar a pour sa part "décidé de reporter indéfiniment l'événement de la Semaine culturelle française".

Des chaînes de distribution du pays ont annoncé qu'elles "retiraient" les produits français des magasins jusqu'à nouvel ordre. Au Koweït, une soixantaine de sociétés coopératives œuvrant dans le secteur de la grande distribution au Koweït ont annoncé un boycott des produits français, rapporte Le Monde.

"Campagne islamiste contre la France"

L'Organisation de coopération islamique, instance qui réunit les pays musulmans, a pour sa part déploré "les propos de certains responsables français (...), susceptibles de nuire aux relations franco-musulmanes". L'Iran ou encore la Jordanie ont également fait part de leur indignation.

Aux yeux de Paris, "il y a une campagne islamiste contre la France. Elle est organisée, elle n'est pas le fait du hasard, et les émetteurs sont très largement turcs", précise t-on. "Tout ce qu'on peut dire d'un chef d'Etat qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c'est: allez d'abord faire des examens de santé mentale", avait lancé Recep Erdogan en réponse à Emmanuel Macron, qui avait notamment promis que la France continuerait de défendre les caricatures.

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