Isère: "clap de fin" pour la ZAD de Roybon, évacuée par les forces de l'ordre

Isère: "clap de fin" pour la ZAD de Roybon, évacuée par les forces de l'ordre
Entrée de la Zad à Roybon en décembre 2014

, publié le mardi 13 octobre 2020 à 21h04

Les gendarmes ont procédé mardi à l'évacuation de la ZAD de Roybon (Isère), toujours occupée trois mois après l'abandon par le groupe Pierre et Vacances d'un projet touristique contesté.

Ce sont 250 gendarmes qui ont investi au matin ces lieux devenus, depuis six ans, une "zone à défendre" (ZAD) contre le projet de Center Parcs.

En appui des huissiers et accompagnés des services de secours, ils ont évacué "dans le calme" les différentes habitations, dont la principale, une maison forestière baptisée "Marquizad", a indiqué à l'AFP le général Yann Tréhin.

Le site était occupé par 28 personnes "sans droits ni titre", selon les autorités. Certaines ont été ramenées en bus à Grenoble tandis que d'autres ont quitté les lieux par leurs propres moyens.

Quatre ont été placées en garde à vue selon le parquet: deux pour avoir refusé un relevé d'empreintes, une pour détention de stupéfiants et de munitions ; et une quatrième qui était recherchée pour viol dans le cadre d'une procédure ouverte dans un autre ressort judiciaire.

Sur place, les travaux de démolition et de remise en état des lieux devraient durer deux à trois jours sous la surveillance des gendarmes qui ont déjà empêché un dizaine de personnes d'entrer sur le site. Une trentaine de carcasses de véhicules doivent aussi être évacuées.

Une ordonnance d'expulsion avait été sollicitée par les différents propriétaires (État et propriétaires privés) et le juge avait donné son accord le 5 octobre.

L'abandon du projet par Pierre et Vacances, annoncé le 8 juillet, a laissé sur leur faim les collectivités locales qui ont longtemps vu là une opportunité de développement économique et d'emplois locaux.

D'un montant de 390 millions d'euros, il prévoyait la construction dans la forêt de Chambaran de mille cottages, de commerces et de restaurants autour d'un espace aquatique - une bulle transparente maintenue à 29 degrés avec piscines, toboggans et jacuzzis.

Le groupe a justifié sa décision par les multiples recours d'opposants, l'enlisement des procédures judiciaires, l'occupation illégale du site et la caducité de l'autorisation de défrichement indispensable à la réalisation du projet.

Pour le maire de Roybon, Serge Perraud (UDI), "c'est une bonne chose que l'évacuation soit réalisée (...) c'était important que l'on retrouve une certaine sérénité".

"Mais pourquoi ça n'a pas été fait il y a 6 ans ?", a-t-il ajouté, regrettant que l'Etat de droit fonctionne "quand ça n'intéresse plus personne".

L'avenir du site ? "On verra ce qu'il est possible de faire", dit le maire. Le terrain appartient toujours à Pierre et Vacances, qui a récemment mandaté la Société d'aménagement foncier et d'établissement rural (Safer) de l'Isère pour étudier les différentes options de cession.

Le maire a indiqué à l'AFP qu'il souhaitait que la vente se fasse pour un euro symbolique, "compte tenu des dommages collatéraux de cette affaire". "Nous n'étions pas informés de cette demande", a-t-on répondu chez Pierre et Vacances.

Après cette "débandade", Roybon veut "passer à autre chose": la commune a été certifiée "station verte" en juillet et les élus entendent "redonner un attrait" à ce village "lové dans le triangle des Bermudes Lyon-Grenoble-Valence".

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