Iran : 600e jour de privation de liberté pour la chercheuse Fariba Adelkhah

Iran : 600e jour de privation de liberté pour la chercheuse Fariba Adelkhah
Le portrait de la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah est affiché le 5 juin 2020 sur une porte de l'Hôtel de ville de Paris

, publié le lundi 25 janvier 2021 à 12h48

La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah a passé lundi son 600e jour privée de liberté en Iran, où elle est désormais assignée à résidence, sous contrôle d'un bracelet électronique, après 16 mois de détention.

"Voilà 600 jours que Fariba Adelkhah est prisonnière scientifique en Iran (...) 600 jours de privation de liberté sans autre justification que ses écrits scientifiques", écrit son comité de soutien à Paris.

Spécialiste du chiisme et de l'Iran post-révolutionnaire à Sciences Po Paris, Mme Adelkhah avait été arrêtée le 5 juin 2019 à Téhéran. 

Elle a été condamnée en mai 2020 à cinq ans de prison pour "collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale" et "propagande contre le système" politique de la République islamique.

La chercheuse a quitté le 3 octobre 2019 la prison d'Evine et été assignée à résidence à Téhéran, avec interdiction de se déplacer "au-delà d'un périmètre de 300 mètres autour de son domicile", selon son comité de soutien.

Elle est aussi "interdite de toute prise de parole publique, ne pouvant pas même remercier" tous ses soutiens en France et dans la communauté scientifique, ajoute-t-il.

Son compagnon Roland Marchal, spécialiste réputé de l'Afrique arrêté également en juin 2019 alors qu'il était venu lui rendre visite, a été libéré en mars 2020 dans le cadre d'un échange de prisonniers.

Le comité a réitéré sa demande de "libération immédiate et inconditionnelle" de Fariba Adelkhah et son soutien à d'autres "prisonniers scientifiques, notamment Ahmedreza Djallali, médecin universitaire irano-suédois condamné à mort en Iran, et Patrick Zaki, doctorant de l'université de Bologne, emprisonné depuis février 2020 en Egypte". 

Il a également cité le cas d'Osman Kavala, né en France et figure respectée de la société civile en Turquie détenu depuis octobre 2017 dans ce pays, dont une cour a invalidé l'acquittement vendredi après sa condamnation pour avoir soutenu des manifestations en 2013. 

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