Intrusion à la Pitié-Salpêtrière : Christophe Castaner dans le viseur de l'opposition

Intrusion à la Pitié-Salpêtrière : Christophe Castaner dans le viseur de l'opposition
Le ministre de l'intérieur Christophe Castaner et le Premier ministre Édouard Philippe le 2 mai 2019 à Angoulême.
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, publié le jeudi 02 mai 2019 à 19h55

Alors que le scénario d'une attaque de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière par des activistes en marge du défilé parisien du 1er-Mai, défendu par le gouvernement, est mis à mal par une vidéo filmée depuis l'intérieur de l'établissement, l'opposition monte au créneau. Yannick Jadot a accusé Christophe Castaner d'"attiser la violence" alors que le sénateur LR Bruno Rétailleau lui reproche de "jeter de l'huile sur le feu". 

Christophe Castaner a-t-il parlé trop vite en évoquant mercredi soir "une attaque" contre le service de réanimation de la l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière ? "Ici, à la Pitié-Salpêtrière, on a attaqué un hôpital. On a agressé son personnel soignant.

Et on a blessé un policier mobilisé pour le protéger", écrivait ainsi le ministre de l'Intérieur sur son compte Twitter.



Mais alors qu'une vidéo captée depuis l'intérieur du service de réanimation met à mal la version officielle, l'opposition réclame des comptes à Christophe Castaner.



Alors que certains représentants politiques comme Jean-Luc Mélenchon accusent le ministre de mentir, d'autres lui demandent de s'expliquer. "Le ministre de l'Intérieur doit cesser de mettre de l'huile sur le feu et doit maintenant s'expliquer sur ses déclarations démenties par les faits", a écrit Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat sur Twitter.


"Le ministre de l'Intérieur doit être démis de ses fonctions sans délai"

De son côté,  Benoît Hamon, fondateur de Génération.s et tête de liste du Printemps européen, a lui demandé des preuves au gouvernement avant d'appeler à la démission de Christophe Castaner. "Au mieux Castaner s'est emballé en qualifiant d'attaque la présence de manifestants à la Pitié-Salpêtrière, au pire qu'il s'agirait d'une manipulation scandaleuse", écrit-il. "S'il s'agit d'un mensonge délibéré dans le seul et unique but de disqualifier et salir une mobilisation sociale, le ministre de l'Intérieur doit être démis de ses fonctions sans délai", poursuit-il. 

 


Plus tôt dans la journée, le chef de file des insoumis Jean-Luc Mélenchon avait accusé le ministre d'"inventer des informations". "Personne n'a attaqué cet hôpital", a-t-il déclaré au micro de BFMTV. 


"Monsieur Castaner est un menteur, en plus d'être un incompétent", a lancé un peu plus tôt à Marseille le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, accusant le ministre de l'Intérieur d'avoir "inventé" l'attaque de l'hôpital parisien. "Il y a un an : les mensonges de #Benalla. Cette année : le mensonge de Castaner sur la pseudo-attaque de la Pitié-Salpêtrière. La vérité, première victime des hommes de main de Macron", a poursuivi l'élu des Bouches-du-Rhône sur Twitter. 


Sur Europe 1, l'insoumis Adrien Quatennens a également appelé Christophe Castaner à démissionner. "Il n'est pas digne de sa fonction et ne se comporte pas en homme d'État. Il a instrumentalisé sciemment la presse dans cette affaire", a-t-il reproché à Christophe Castaner, qui est selon lui "allé beaucoup trop vite" dans ses propos. "C'est extrêmement grave : dans une démocratie, un ministre de l'Intérieur qui instrumentalise à ce point la presse et fait porter le chapeau à un mouvement social (...) ne peut pas rester, ça a le mérite d'être clair", a poursuivi le député du Nord. 

Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les européennes, a lui accusé Christophe Castaner d'"attiser la violence". 


"Plus les heures passent et plus le mensonge de Castaner sur la Pitié-Salpêtrière saute aux yeux", a écrit sur Twitter Ian Brossat, tête de liste communiste pour les européennes. 



Agnès Buzyn plus mesurée 

Jeudi matin, Edouard Philippe a aussi dénoncé l'intrusion "totalement irresponsable" d'une trentaine de manifestants dans l'hôpital parisien, sans reprendre à son compte l'hypothèse d'une attaque.  



Dans l'après-midi, la ministre de la Santé Agnès Buzyn, interpellée au Sénat par le président du groupe PS Patrick Kanner, s'est montrée beaucoup moins tranchée. "Faut-il suivre les conclusions de Christophe Castaner ou faut-il plutôt vous suivre, puisque vous avez été beaucoup plus prudente ?", a-t-il demandé.  "Il y a une enquête en cours (...) et je pense qu'il y a eu différents temps", a répondu la ministre. "C'est-à-dire un temps à l'entrée de l'hôpital, au niveau des grilles, puis un temps sur une passerelle qui menait à une réanimation, et donc je pense que l'enquête clarifiera les responsabilités, la volonté d'agression ou pas, en fonction de ces différents moments".



Interrogé par Franceinfo, le ministère maintient sa version des faits. "Les faits sont là : l'enceinte de l'hôpital a été forcée, des individus ont tenté de s'introduire dans un service de réanimation", a déclaré la Place Beauvau à la radio publique. "C'est un incident très grave. Il est navrant de constater qu'au lieu de condamner clairement ces faits inadmissibles, certains préfèrent jouer sur les mots pour entretenir une polémique indigne." 

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