Interdites par le Conseil d'Etat, les chasses traditionnelles d'oiseaux pourtant de retour dans plusieurs départements

Interdites par le Conseil d'Etat, les chasses traditionnelles d'oiseaux pourtant de retour dans plusieurs départements
Photo d'illustation.

publié le vendredi 15 octobre 2021 à 09h09

En août, le Conseil d'Etat avait annulé plusieurs arrêtés, jugés contraires à la directive européenne "oiseaux". Les associations de défense des animaux accusent Emmanuel Macron de vouloir séduire les chasseurs avec ces décrets. 

Gironde, Lot-et-Garonne, Landes, Pyrénées-Atlantiques...

Les chasses traditionnelles d'oiseaux - grives, alouettes, vanneaux, merles - font leur retour dans plusieurs départements français selon des arrêtés publiés au Journal officiel vendredi 15 octobre. Début août, le Conseil d'Etat annulait plusieurs autorisations de chasse des vanneaux huppés, pluviers dorés, alouettes des champs, grives et merles noirs avec des filets (pantes, tenderies) ou de cages (matoles).




La haute autorité jugeait "que ces autorisations délivrées par le ministre chargé de l'environnement ne sont pas conformes aux exigences du droit européen relatif à la protection des oiseaux". La directive européenne "oiseaux" de 2009 interdit les techniques de capture massive d'oiseaux sans distinction d'espèces. Une dérogation est possible "à condition d'être dûment motivée et dès lors 'qu'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante' pour capturer certains oiseaux", rappelait alors le Conseil d'Etat.

Le Conseil d'Etat saisi par les associations de défenses des animaux

Le gouvernement a toutefois décidé de reprendre huit arrêtés pour 2021-2022, parus vendredi. Ils autorisent "la capture des vanneaux huppés et des pluviers dorés au moyen de tenderies aux filets" dans les Ardennes, la "tenderie (noeud coulant) aux grives et aux merles noirs" dans les Ardennes, "la capture de l'alouette des champs au moyen de matoles" dans les Landes et en Lot-et-Garonne et "la capture de l'alouette des champs au moyen de pantes" en Gironde, dans les Landes, en Lot-et-Garonne et Pyrénées-Atlantiques.

L'association de défense des animaux One Voice a d'ores et déjà annoncé sur Twitter envoyé des recours au Conseil d'Etat. "Le 6 août, le Conseil d'Etat à annulé tous les arrêtés sur les chasses traditionnelles des oiseaux à la suite de nos 19 recours et des 5 de la Ligue de Protection des Oiseaux. Quelques semaines après, le président de la République, qui flirte avec les chasseurs depuis toujours, a insisté pour les remettre en place", note l'association dans un communiqué. 


"Une monnaie d'échange électoraliste"

"Je suis scandalisé par le cynisme et le clientélisme du Président de la République qui interrogent sur ses réelles convictions. Tandis que la communauté scientifique mondiale nous alerte sur le risque d'extinction massive des espèces sauvages, notre gouvernement réduit la biodiversité à une monnaie d'échange électoraliste. Chasser hors du cadre légal, c'est braconner. C'est d'autant plus consternant qu'il ne s'agit que d'une activité de loisir", a de son côté dénoncé Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des animaux (LPO). L'association, qui s'apprête également à saisir le Conseil d'Etat, souligne dans une communiqué que 106 500 alouettes sont menacées alors que "alors que cette espèce est en déclin continuel en France et en Europe (chute de 35% de ses effectifs reproducteurs en 15 ans en France)". 

Il faut compter deux à trois semaines pour que la plus haute juridiction administrative française se prononce. Deux à trois semaines durant lesquelles, il sera légal de chasser les oiseaux. 

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