Interdiction des vols intérieurs : une mesure rendue "environnementalement dérisoire" par la loi Climat, dénonce l'UFC-Que choisir

Interdiction des vols intérieurs : une mesure rendue "environnementalement dérisoire" par la loi Climat, dénonce l'UFC-Que choisir
Des passagers attendent leur avion à l'aéroport d'Orly, en région parisienne.

publié le vendredi 09 avril 2021 à 11h30

L'association de consommateurs estime que pour avoir un impact significatif sur les émissions de CO2, le projet de loi doit interdire les vols intérieurs pour les trajets pour lesquels il existe une alternative en train de moins de 4 heures, et non 2 heures 30 comme le prévoit actuellement le texte. 

La loi Climat ne va pas assez loin, selon l'UFC-Que Choisir. Si l'actuel projet de loi prévoit l'interdiction des vols intérieurs pour les trajets pour lesquels il existe une alternative en train de moins de 2 heures 30, l'association de défense des consommateurs a demandé vendredi 9 avril un relèvement de ce seuil à 4 heures, tel que la Convention citoyenne pour le Climat l'avait proposé. Selon l'UFC, en l'état, la loi aboutit à un "gain environnemental dérisoire".



L'association de défense des consommateurs estime que placer le seuil à 2 heures 30 ne va aboutir qu'à la suppression de cinq lignes, Paris-Bordeaux, Paris-Lyon, Paris-Nantes, Paris-Rennes et Lyon-Marseille, représentant au total 12% des passagers ayant emprunté un vol intérieur métropolitain, contre 18 lignes pour un seuil fixé à 4 heures, représentant 30% des passagers. Et l'effet sur les émissions de CO2 est "trois fois moins élevé" avec un seuil à 2h30 qu'avec un seuil à 4 heures, qui aboutirait à une baisse des émissions de carbone de l'aérien de 12,5%, regrette l'UFC-Que choisir. 

En outre, le projet de loi, tel qu'examiné actuellement au Parlement, prévoit des exemptions pour les vols en correspondance. Si "le principe d'une exemption pour les voyageurs en transit est compréhensible", "l'absence de cadre clair pour bénéficier de cette dérogation" constitue un "chemin direct vers une mesure inopérante", dénonce l'organisme qui estime que "dans sa rédaction actuelle, la loi permettrait d'exclure de la mesure tous les vols à destination ou au départ du hub de Paris Roissy-Charles de Gaulle (soit 67% des passagers concernés), ou encore toutes les lignes qui ont plus de 50% de passagers en correspondance, c'est-à-dire 80% du total potentiel". 

L'UFC-Que Choisir préconise donc d'exempter "non les lignes mais les voyageurs, lorsqu'ils peuvent apporter la preuve qu'ils sont en correspondance". "Cela amènerait les compagnies à réduire en proportion leur nombre de vols, et à préserver la portée de la mesure sans sacrifier l'accès aux vols longs courrier depuis tout le territoire", argumente l'association.



L'UFC assure que le train pourrait absorber le report du trafic aérien même avec un seuil à 4 heures, tout en concédant que "des déficits d'offre pourraient apparaître aux heures de pointe ou les jours de forte affluence", et que certaines liaisons prendraient plus de temps. Pour les clients, même si le train est en moyenne moins cher que l'avion sur ces trajets, l'UFC s'inquiète d'un "risque de monopole SNCF" qui pourrait être atténué par l'ouverture à la concurrence, et souligne la nécessité pour le rail de proposer des prestations "à la hauteur" des attentes des usagers, "en termes d'offre, de fiabilité et de confort".
 

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