Intempéries dans les Alpes-Maritimes : cinq victimes formellement identifiées

Intempéries dans les Alpes-Maritimes : cinq victimes formellement identifiées
Le village de Tende dans la Vallée de la Roya (Alpes-Maritimes) après les pluies diluviennes et les inondations du 2 octobre 2020.

, publié le mercredi 14 octobre 2020 à 18h30

L'eau a emporté "près de 400 tombes ce qui complexifie considérablement la tâche des enquêteurs", a précisé le procureur de la République. Un bilan toujours provisoire fait état de sept corps retrouvés dont cinq attribués avec certitude aux intempéries et 13 disparus.

Dix jours après les crues dévastatrices qui ont ravagé trois vallées des Alpes-Maritimes, cinq victimes ont été formellement identifiées et leurs dépouilles rendues aux familles, a indiqué mercredi 14 octobre le parquet de Nice. Un bilan provisoire fait état de sept corps retrouvés dont cinq attribués avec certitude aux intempéries et 13 disparus. Parmi les victimes identifiées figure un pompier de 49 ans emporté par les eaux et à qui un hommage officiel doit être rendu mercredi après-midi en présence du préfet.



L'eau a emporté "près de 400 tombes (...) ce qui complexifie considérablement la tâche des enquêteurs", a souligné le procureur de la République Xavier Bonhomme, en invitant à la "prudence" concernant le bilan provisoire.  Dans ce décompte figure un corps qui a été retrouvé à Monaco et rapidement remis aux autorités françaises.

Sept corps ont aussi été retrouvés en Italie, sans certitude sur la cause ou le lieu du décès.

"Dans le bilan, on peut certes additionner tout, mais tout en étant extrêmement prudents. Les recherches se poursuivent, le bilan n'est pas figé", a-t-il insisté. "Il faut avoir conscience que nous sommes en présence d'un événement totalement hors norme", a souligné le procureur lors d'un point presse avec la gendarmerie, faisant référence aux dégâts matériels impressionnants subis par les deux vallées les plus touchées, la Vésubie et la Roya, mais surtout au caractère inédit selon lui de la destruction de deux cimetières, totale à Saint-Martin-Vésubie et partielle à Saint-Dalmas-de-Tende. 

"D'après les informations que nous avons recueillies, c'est la première fois" en France, a souligné Xavier Bonhomme. Or, "les médecins légistes nous disent qu'en général, au bout de quatre ou cinq jours dans l'eau, il est très difficile voire impossible de déterminer s'il s'agit d'un corps lié à la tempête ou (...) provenant d'un des deux cimetières", a-t-il ajouté. "C'est empirique et à prendre avec précaution mais (...) nous avons peut-être 48 heures devant nous, et encore...", a complété le colonel Nicolas Thiburce, chef de division à l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) dont l'équipe travaille à l'identification des corps.

Interrogé enfin pour savoir si des plaintes avaient été déposées par exemple pour des constructions en zones réputées inondables, Xavier Bonhomme a assuré : "Pour l'instant, je suis dans l'urgence de tout mettre en oeuvre pour retrouver d'éventuelles victimes. Si je suis saisi dans les jours ou les semaines qui viennent de plaintes visant tel ou tel dysfonctionnement, je ferai mon travail". 
 

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