Insalubrité à la prison de Fresnes : l'État devant la justice

Insalubrité à la prison de Fresnes : l'État devant la justice

L'un des quartiers des hommes de la prison de Fresnes, photographié le 16 juin 2011.

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Orange avec AFP, publié le lundi 03 octobre 2016 à 09h25

L'État comparaîtra devant le tribunal de Melun, ce lundi 3 octobre. Il est assigné, d'après les informations de France Inter par l'Observatoire international des prisons, l'OIP, pour l'insalubrité de la maison pénitentiaire de Fresnes où pullulent rats, punaises et autres cafards.

Malgré la multiplication des signalements de cet état d'insalubrité des lieux, avec la maladie de deux détenus, la leptospirose, transmise par les rats, et l'intervention du syndicat FO qui dénonçait dans une lettre ouverte durant l'été, "la présence de rongeurs et de leurs déjections", les autorités pénitentiaires n'ont pris aucune mesure.



Dans le deuxième centre pénitentiaire de France, où la population carcérale monte à 2.800 personnes, soit 200% de surpopulation carcérale dans l'aile réservée aux hommes, les témoignages des détenus sont édifiants.

L'OIP s'est d'ailleurs appuyée sur ces témoignages pour attaquer en urgence l'État devant le juge des référés.

France Inter, qui a relayé cette information, a également interrogé Maud Schlaffmann-Amprino, avocate au barreau de Créteil, donc dans le même département que Fresnes, à savoir le Val-de-Marne. Elle explique qu'"on trouve principalement des rats, surtout dans les cours de promenade et les coursives, qui sont les lieux de circulation au sein des divisions". A priori, les rats sont omniprésents : les détenus les entendent se battre la nuit et découvrent leurs cadavres lors des heures de promenade. L'avocate évoque l'un de ses clients qui ayant un matelas infesté de punaises de lit, préfère dormir assis, la tête sur la table de la cellule, plutôt que de s'allonger sur son matelas.

Après l'alerte donnée pour les deux cas de leptospirose, l'Agence régionale de santé, l'ARS, avait fait une enquête et estimé "que la prolifération des rats était surtout due aux déchets jetés par les détenus", rapporte France Inter. "Les prisonniers déplorent, eux, un ramassage des ordures qui s'entassent dans leurs cellules, par ailleurs sur-occupées".

Pour l'OIP, il faut prendre des mesures d'urgence. Ces lieux d'enfermement sont devenus un danger pour la santé des détenus et sont une atteinte à la dignité humaine.

 
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