Inondations: à Saintes, la Charente a atteint son pic, décrue attendue

Inondations: à Saintes, la Charente a atteint son pic, décrue attendue
Inondation à Saintes (Charente-Maritime), le 8 février 2021

, publié le lundi 08 février 2021 à 17h24

La Charente a atteint lundi un pic de 6,20 m à Saintes, l'une des communes les plus sinistrées de Charente-Maritime où les niveaux du fleuve, au plus haut depuis près de 30 ans, devraient amorcer une baisse à partir de mardi, selon les prévisions.

Après des jours d'inquiétude, "le plateau de la crue" a été atteint lundi matin autour de 6,20 m, des niveaux confirmant une nouvelle crue "historique" qui dépasse celle de 2007 (5,64 m), mais sans atteindre les records de 1982 (6,84 m) et 1994 (6,67 m). La baisse des niveaux "devrait s'amorcer" dans la journée de mardi selon Vigicrues.

Dans cette commune de 25.000 habitants, situé en aval de la Charente, l'eau s'est infiltrée dans certaines rues devenues inaccessibles hormis en barque et sur des passerelles en bois.

"Moi je suis pompier professionnel, j'ai vécu l'inondation de 1994. Je ne m'attendais pas à ça", a assuré le maire de Saintes, Bruno Drapron, lors d'un déplacement de la secrétaire d'Etat chargée de la Biodiversité, Bérangère Abba.

Depuis le PC sécurité à la caserne de pompiers de Saintes, Mme Abba, qui venait de rencontrer des habitants, commerçants et acteurs mobilisés dans la ville inondée, a confirmé le début du processus pour la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle. 

"Les élus présents, (...) le maire (de Saintes) va me remettre les demandes de classement en état de catastrophe naturelle. C'est le premier pas qui enclenche la réunion de la commission qui devra établir cet état et enclenchera les remboursements et les questions d'assurance, qui doivent être les plus légères possibles" pour les sinistrés, a-t-elle expliqué.

"Cette crue a pu se maintenir en dessous des seuils critiques qu'on avait pu connaître en 1994 et 1982, mais ces événements sont difficilement contrôlables", a ajouté la secrétaire d'Etat. 

"On peut imaginer beaucoup de réponses en termes de génie écologique, d'aménagement, d'entretien des cours d'eau mais rien qui ne puisse éviter malheureusement ce type d'événements exceptionnels puisque le réchauffement climatique nous promet de plus en plus d'événements de ce type", a-t-elle dit.

Plus de 300 sapeurs-pompiers, gendarmes et policiers, renforcés par des départements voisins, des bénévoles de la Protection civile et de la Croix-Rouge ont été déployés sur le terrain au secours des 22 communes sinistrées du département. 


Ils ont procédé à plus de 600 interventions liées à l'événement météorologique "Justine" et aux crues consécutives des derniers jours, selon le contrôleur général Pascal Leprince, directeur du SDIS de Charente-Maritime.

Plus de 400 personnes ont été évacuées par les pompiers, mais au total "800 à 900 personnes" ont quitté leur domicile en comptant celles qui avaient pris leurs propres dispositions, selon M. Leprince.

Dans la région Nouvelle-Aquitaine, largement touchée par les inondations ces derniers jours, Charente-Maritime et Charente restaient lundi les derniers départements en vigilance orange pour crues. En Charente, si "la décrue est "amorcée sur l'ensemble du tronçon", elle est "ralentie par les précipitations", estime Vigicrues. 

Outre la Nouvelle-Aquitaine, les crues ont également frappé la région Ile de France, où la Seine-et-Marne est lundi le seul département encore en vigilance orange selon Vigicrues, en particulier le tronçon entre Condé-Sainte-Libiaire (Seine-et-Marne) et Charenton-Le-Pont (Val-de-Marne), sans toutefois inquiéter outre mesure les autorités.

Dans le Val-de-Marne, pour faire face à la crue, la vanne du canal de Joinville-Le-Pont et de Saint-Maur a été mise en service pour réduire le débit de la Marne, alors qu'elle n'avait pas été enclenchée lors des inondations de 2018, selon le Conseil départemental. 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.