Injures antisémites contre Alain Finkielkraut : la justice ouvre une enquête

Injures antisémites contre Alain Finkielkraut : la justice ouvre une enquête
Le philosophe et académicien Alain Finkielkraut, le 1er décembre 2016 à Paris

Orange avec AFP-Services, publié le dimanche 17 février 2019 à 13h15

Le parquet de Paris a décidé d'ouvrir une enquête après la diffusion d'une vidéo montrant des manifestants en train d'insulter le philosophe et académicien Alain Finkielkraut, samedi 16 février en marge de la mobilisation des "gilets jaunes". 

"Barre toi, sale sioniste de merde", "grosse merde sioniste", "nous sommes le peuple", "la France elle est à nous". C'est par ces mots que plusieurs personnes s'en sont pris au philosophe Alain Finkielkraut, samedi après-midi à Paris. L'essayiste a été pris pour cible par des manifestants qui défilaient dans le cortège des "gilets jaunes", dans le quartier de la gare Montparnasse.

Alors qu'il sortait d'un taxi, l'homme a été injurié et sifflé, comme le montrent des images circulant sur les réseaux sociaux. Dans l'une de ces vidéos, tournée par un journaliste freelance, on peut voir les forces de l'ordre s'interposer pour protéger le philosophe.



Un suspect identifié

Au lendemain de cette agression, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion". L'enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a également annoncé sur Twitter qu'un suspect, "reconnu comme le principal auteur des injures", avait été identifié.


"J'ai ressenti une haine absolue, et malheureusement, ce n'est pas la première fois", a réagi Alain Finkielkraut auprès du Journal du Dimanche. "J'aurais eu peur s'il n'y avait pas eu les forces de l'ordre, heureusement qu'ils étaient là", a-t-il raconté. Sur les réseaux sociaux, cet incident a déclenché une vague de condamnations, dénonçant le caractère antisémite de ces injures. Emmanuel Macron a notamment apporté son soutien au philosophe. "Fils d'émigrés polonais devenu académicien français, Alain Finkielkraut n'est pas seulement un homme de lettres éminent mais le symbole de ce que la République permet à chacun", a écrit le chef de l'État sur Twitter samedi soir.

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