Indignation après la découverte de tags sur le centre de la mémoire du village martyr d'Oradour-sur-Glane

Indignation après la découverte de tags sur le centre de la mémoire du village martyr d'Oradour-sur-Glane
Le village martyr d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne).

, publié le samedi 22 août 2020 à 09h30

Le Premier ministre Jean Castex a assuré que "tout était mis en oeuvre pour que les auteurs de ces actes infâmes en répondent devant la Justice".

Vive indignation après la découverte, vendredi 21 août, de tags inscrits sur le centre de la mémoire d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), village martyr de la Seconde guerre mondiale. Le président du centre Fabrice Escure a indiqué vouloir porter plainte. Une enquête a d'ores et déjà été ouverte au parquet de Limoges.



Sur une photo mise en ligne par le Populaire du Centre, on voit le mot "martyr" rayé à la peinture, une bâche bleue couvrant des inscriptions.

Selon le journal, "le mot 'menteur' a été ajouté ainsi qu'une référence à un révisionniste et à des théories qui régulièrement refont surface à propos du village martyr haut-viennois".


"Tout sera fait" pour poursuivre les auteurs des tags, a réagi le président Emmanuel Macron, en dénonçant un acte "inqualifiable". Le chef de l'Etat "condamne avec la plus grande fermeté cet acte inqualifiable. Il apporte tout son soutien au maire et à la commune", a communiqué l'Elysée. Dans un tweet, le Premier ministre Jean Castex avait indiqué un peu plus tôt que "tout était mis en oeuvre pour que les auteurs de ces actes infâmes en répondent devant la Justice". "J'ai appris avec colère et consternation la dégradation du centre de la mémoire d'Oradour-sur-Glane. Souiller ce lieu de recueillement, c'est aussi salir la mémoire de nos martyrs", écrit-il. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin évoque de son côté des "inscriptions négationnistes" dans un tweet et parle de "crachat sur la mémoire de nos martyrs".



"Honte à ceux qui ont fait ça. Tout sera fait pour retrouver et juger les auteurs de ces actes sacrilèges. Le seul mensonge : c'est le négationnisme !", a assuré le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti. "Honte à ceux qui ont souillé ce jour le village martyr d'Oradour-sur-Glane", dénonce également le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. "Et merci à tous les engagés qui font vivre ce lieu de mémoire et qui portent haut sa devise, 'ni haine, ni oubli'", ajoute-t-il sur Twitter. Le ministre délégué aux Comptes publics Olivier Dussopt a jugé "effroyable et abominable de constater que certains ont pu se permettre une telle souillure". "Le seul sentiment qui prévaut est la honte pour les auteurs de ces actes. Le négationnisme est une insulte à la mémoire et une seconde mort pour les victimes", ajoute-t-il.


La maire de Paris Anne Hidalgo a dénoncé "un acte négationniste, indigne et scandaleux" et apporté "tout (s)on soutien aux familles des victimes du massacre d'Oradour-sur-Glane". "Dégoût et colère face à ce tag révisionniste sur le centre de la mémoire du village martyr d'Oradour-sur-Glane", a réagi de son côté le secrétaire national d'EELV Julien Bayou.


Le 10 juin 1944, la division SS Das Reich a tué 642 villageois à Oradour-sur-Glane. Les Allemands avaient rassemblé les hommes dans les granges du village et les avaient fusillés. Ils avaient regroupé femmes et enfants dans l'église avant d'y mettre le feu. Le centre de la mémoire, ouvert en 1996, explique aux visiteurs des ruines du village martyr - environ 300.000 personnes chaque année - le contexte du massacre.
 

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