Inceste : les répercussions de l'affaire Duhamel se propagent dans la société

Inceste : les répercussions de l'affaire Duhamel se propagent dans la société
Une manifestation à Ajaccio, le 5 juillet 2020.

, publié le lundi 18 janvier 2021 à 11h00

L'inceste reste un sujet profondément tabou dans la société et encore minimisé, alors qu'il serait massif en France avec près d'une personne sur dix potentiellement touchée.

Les répercussions des révélations de l'affaire Olivier Duhamel continuent de se faire ressentir dans la société française, entre libération de la parole sur les réseaux sociaux et déclarations politiques.

Dimanche 17 janvier, c'est l'épouse du cher de l'État, Brigitte Macron, qui s'est emparée du sujet, en disant espérer une réforme judiciaire.

"C'est difficile d'en parler, c'est courageux d'en parler", mais "il faut absolument que ces actes soient sus et que ces actes ne soient pas tus", a-t-elle affirmé sur TF1, à l'occasion du lancement de l'opération Pièces Jaunes qui vient en aide aux jeunes hospitalisés. Interrogée sur la nécessité d'une "réforme judiciaire" à laquelle l'exécutif réfléchit, elle a d'abord répondu qu'il s'agissait d'un "terrain sur lequel" elle ne voulait pas aller, avant d'ajouter : "Je le souhaite, je l'espère, j'appelle de mes vœux".


L'inceste reste un sujet profondément tabou dans la société et encore minimisé, alors qu'il serait massif en France avec près d'une personne sur dix potentiellement touchée.

Un hashtag #Metooinceste a suscité depuis samedi "des centaines" de témoignages sur Twitter, selon le mouvement féministe #Noustoutes.

"J'avais 15 ans, mon frère", "c'était mon grand-père", "l'oncle cool de la famille"... Sur le modèle du mouvement #Metoo qui a enclenché une vague de libération de la parole des femmes dénonçant agressions et harcèlements sexuels à partir de 2017, ce nouveau hashtag intervient "dans le sillage de la publication du livre de Camille Kouchner, 'La familia grande'", note le mouvement féministe dans un communiqué. Elle révèle dans ce livre que son frère jumeau a été victime d'inceste par son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, lorsqu'il avait 14 ans.


Pour #Noustoutes, "ces témoignages viennent confirmer ce que disent et répètent depuis de nombreuses années" les professionnels de la protection de l'enfance : "Les personnes qui commettent le crime d'inceste viennent de tous les milieux", les adultes réagissent "peu ou mal" et les signaux envoyés par les victimes "ne sont pas entendus". Le mouvement estime que "nous aurions la possibilité de détecter ces violences très vite et de les faire cesser", plaidant notamment pour des "campagnes de prévention massives" et pour une meilleure formation des professionnels qui travaillent au contact d'enfants.

Le hashtag #metooinceste était en deuxième position dans les tendances sur Twitter en fin d'après-midi samedi. Au fil des messages entremêlés de réactions de soutien et d'appels à "faire trembler les murs", se succédaient les témoignages. "J'avais 5 ans. En une soirée, ce frère de ma mère a bouleversé ma candeur (...) En une seconde j'avais 100 ans", rapportait une internaute. "Je jouais aux Lego. Il est venu dans mon dos. C'en a été fini de grandir. J'avais cessé de vivre", témoignait un autre. "La première fois, j'avais 3 ans, mon cousin avait 14 ans. Effroi. Trauma à vie et amnésie pendant des années", confiait encore un troisième.

La ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa a affirmé dimanche sur LCI qu'elle "soutiendrait la propositions de loi de la député Alexandra Louis pour durcir la loi sur les questions d'inceste, parce qu'elle propose de créer des infractions particulières et de remettre à plat ces crimes-là".

 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.