Incendie du Var: "On nous a dit qu'on pouvait dormir, et puis..."

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Incendie à Gonfaron dans le Var le 17 août 2021
Incendie à Gonfaron dans le Var le 17 août 2021
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© AFP, NICOLAS TUCAT

publié le mardi 17 août 2021 à 18h11

"On nous a dit qu'on pouvait dormir. Mais à minuit on nous a demandé d'évacuer le camping": comme 1.300 autres personnes, Jocelyne et sa famille sont désormais dans un gymnase de Bormes-les-Mimosas, victimes de l'incendie qui frappe le Var depuis lundi.

Après une journée à Saint-Tropez lundi, cette Bordelaise de 57 ans pensait passer tranquillement la nuit dans son mobile-home, au camping Pacha de La Môle, au coeur du massif des Maures: "Quand on est arrivé, à minuit moins vingt, on n'a pas vu de flammes, mais que du rouge. On nous a dit que ça craignait pas et qu'on pouvait dormir".

Une demi-heure plus tard pourtant, c'est l'évacuation forcée. Direction le gymnase Pierre-Quinon, à Bormes-les-Mimosas, sur la côte méditerranéenne: "Sur le coup, on a eu peur", reconnaît-elle auprès de l'AFP.

Après une nuit passée sur de gros matelas en mousse de gymnastique, puis des lits de camp, elle attend la bonne nouvelle: pouvoir retrouver son camping, à environ une quinzaine de kilomètres. Mais ce ne sera sans doute pas pour tout de suite: "On pense dormir encore là ce soir. Mais c'est pas grave, c'est que du matériel. Et ils prennent bien soin de nous".

Originaire d'Amiens, Jean-Marc Poret a également eu peur: "On avait bu l'apéro, une heure après avoir mangé une pizza. Il était 23H00 et quand on a vu, vraiment, sur la crête, le feu, c'est assez impressionnant. Je n'avais jamais vécu ça. (...) Et après, petit à petit, on s'est aperçu que ça se rapprochait".

"Ca fait peur quand même", raconte de son côté Axel Houguenage, campeur venu de Versailles avec ses cinq enfants.

- "Le ciel était orange" -

Comme les 1.300 autres campeurs, tous ou presque sont partis en bon ordre, en convoi, escortés par les pompiers.

"On a été évacué en 30 minutes, vraiment super bien, synchronisé, pas de panique. Tout le monde était calme. Bravo à toute l'équipe parce que vraiment, ils ont fait ce qu'il fallait pour nous évacuer", félicite Sylvie Defranceschi, touriste originaire de Haute-Savoie, évacuée avec ses deux enfants.

Mère d'une enfant de 10 ans et d'une petite de 14 mois, Victoria Florimont, 33 ans, venue de Picardie, prend elle aussi son mal en patience: "On a été bien accueilli, avec des lits, de la nourriture. On nous a demandé ce qu'il fallait pour les bébés. Ce qui manque juste, c'est le manque d'informations concernant l'incendie", lâche-t-elle, toujours à l'AFP.

"Toute la soirée on voyait que le ciel était bien orange. On a vu en direct le feu arriver. Mais on n'a pas eu spécialement peur. On a eu le temps de prendre nos affaires, on n'est pas parti dans la précipitation. Maintenant, on a hâte de retrouver notre camping et de sauter dans l'eau !"

En vacances à La Môle avec des amis, Cindy Thinesse avait pris la poudre d'escampette avant même les consignes d'évacuation officielles: "On a d'abord commencé par sentir la fumée vers 19H00, puis on a vu les flammes sur la colline. Quand on a vu ça, on a décidé de partir". "On a eu très peur, on a pris nos cliques et nos claques, le minimum, et on a fui", renchérit son amie, Céline Lopez.

Après avoir "tenté de dormir dans (leur) voiture, garée dans une ruelle de Saint-Aygulf", près de Saint-Raphaël, tous ont finalement rejoint Bormes-les-mimosas et son gymnase. Et désormais ils attendent des nouvelles de leur camping. "Pour passer une bonne nuit, explique Cindy, et surtout, continuer nos vacances".

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