Incendie de Schiltigheim : le suspect a reconnu sa "participation active"

Chargement en cours
Des pompiers luttent contre un incendie qui a tué un enfant de 11 ans, le 3 septembre 2019 à Schiltigheim, dans la banlieue de Strasbourg
Des pompiers luttent contre un incendie qui a tué un enfant de 11 ans, le 3 septembre 2019 à Schiltigheim, dans la banlieue de Strasbourg
1/2
© AFP, FREDERICK FLORIN

AFP, publié le mercredi 04 septembre 2019 à 18h23

Il a avoué mais ne s'explique pas encore sur les raisons de son geste : un jeune homme de 22 ans a reconnu "une participation active" à l'incendie criminel qui a fait un mort et onze blessés dans une HLM de Schiltigheim, près de Strasbourg, à la première heure mardi. 

La garde à vue de ce jeune homme, interpellé vers 10H30 mardi et interrogé depuis dans les locaux du commissariat de police de Strasbourg, a été prolongée pour 24 heures supplémentaires, a précisé mercredi le parquet. Il devrait être déféré jeudi en vue de sa mise en examen.

S'il "n'a pas donné d'explications précises sur les motivations de son geste (...), en l'état de l'enquête, il n'existe aucun élément en faveur d'un acte à caractère raciste", a ajouté le parquet.

Le suspect, a-t-il précisé, "a fait l'objet d'un examen psychiatrique" et semble parfaitement "accessible à une sanction pénale".

Repéré grâce à la vidéosurveillance, le jeune homme a affirmé devant les enquêteurs qu'il avait bu la veille au soir en compagnie d'amis et était ivre au moment des faits, près de sept heures avant son interpellation. "Aucun élément" ne permet cependant de soupçonner une éventuelle complicité, a ajouté une source proche du dossier.

Déjà condamné dans le passé pour des dégradations volontaires par incendie, ce jeune homme sans profession qui résidait à Schiltigheim est également soupçonné d'avoir mis le feu à une benne à ordure, provoquant l'embrasement d'un véhicule situé à proximité, peu de temps avant d'incendier l'immeuble.

Un autre jeune homme, âgé de 23 ans et arrêté dans la nuit de lundi à mardi, avait été placé en garde à vue, mais a été promptement relâché, étant "totalement mis hors de cause", selon le parquet de Strasbourg.

Arrivés peu avant 04H00 du matin, les pompiers ont affronté un incendie "très virulent" qui a ravagé l'immeuble, une maison alsacienne rénovée, abritant des logements sociaux sur deux étages, dans le centre historique de Schiltigheim. Au plus fort de leur intervention, les combattants du feu étaient une centaine.

- "La solidarité s'organise" -

Le commandant Sébastien Rossi avait évoqué des progressions "extrêmement compliquées" à l'intérieur du bâtiment. Sur les 43 appartements de ce complexe de logements sociaux, neuf ont été complètement détruits.

Le corps du jeune garçon de 11 ans a été retrouvé au premier étage du bâtiment. D'autres membres de sa familles sont parvenus "à échapper aux flammes en sautant par les fenêtres", selon le parquet. 

Sa mère a été opérée mercredi, selon la maire de Schiltigheim Danielle Dambach.

Mme Dambach a précisé que la plupart des victimes de l'incendie, dont l'enfant décédé, appartiennent à une famille nombreuse "d'origine centrafricaine", résidant depuis au moins 15 ans dans la commune.

L'élue a annoncé mercredi avoir demandé des renforts policiers à l'Etat pour améliorer la surveillance nocturne, souhaitant "des sanctions fermes" pour l'auteur des faits. 

"On s'est retrouvés à six sur le toit, les parents et les quatre enfants, plus les deux garçons d'une autre famille", a raconté à l'AFP, très émue, Vetanur Guner, qui habitait l'un des 9 logements complètement détruits. "Il est pris, j'espère qu'il ne va pas s'en tirer. Un enfant de l'âge de mon fils est parti".

Une cellule de soutien psychologique a été déployée dès mardi à la mairie, où une centaine de personnes ont été prises en charge. Une dizaine d'entre elles a passé la nuit de mardi à mercredi dans un gymnase, les autres trouvant refuge chez des proches, selon Mme Dambach. 

Vêtements, chaussures et jouets ont afflué à la mairie, qui avait lancé un appel aux dons et invite les habitants à participer à une minute de silence à 11H00 samedi. Un "mur d'expression des solidarités" a également été mis en place à l'Hôtel de ville. 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.