Incendie de Lubrizol : la qualité de l'air à Rouen est dans son "état habituel", affirme le préfet de Normandie

Incendie de Lubrizol : la qualité de l'air à Rouen est dans son "état habituel", affirme le préfet de Normandie
Le préfet de Normandie Pierre-André Durand accompagné des ministres de la Santé et de la Transition écologique, à Rouen, le 27 septembre 2019.
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, publié le samedi 28 septembre 2019 à 18h30

Un feu a ravagé le site industriel classé Seveso situé à proximité du centre-ville de Rouen. Depuis, habitants et élus s'inquiètent de l'impact sanitaire et environnemental du sinistre. 

Alors qu'élus locaux et responsables nationaux de plusieurs bords politiques réclament davantage de transparence, deux jours après l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen, le préfet de Normandie s'est montré rassurant samedi 28 septembre.

La qualité de l'air à Rouen est dans "son état habituel", a affirmé Pierre-André Durand lors d'une conférence de presse, précisant que les prélèvements complémentaires réalisés depuis le sinistre montraient des résultats "tous inférieurs aux seuils de quantification". La seule exception est le site lui-même où "l'on note une présence de benzène", a-t-il précisé.

Les résultats des analyses réalisées par Atmo Normandie sont d'ores et déjà disponibles sur leur site.

Les autres résultats seront mis en ligne sur le site de la préfecture dès samedi soir.




Le préfet a ajouté qu'une présence de plomb avait été relevée à certains endroits mais qu'il pouvait s'agir "d'une source historique qui ne soit pas due à l'incendie car l'entreprise n'utilise pas ou n'avait pas de dispositif de plomb alors qu'en zone urbaine il peut y avoir d'emblée des traces de plomb". "Des mesures complémentaires sont en cours", a précisé Pierre-André Durand.

Pierre-André Durand a confirmé "une présence d'amiante dans la toiture des bâtiments" et a annoncé "un programme de mesure des fibres dans l'air". 

Le préfet a également évoqué la question des suies. "L'ARS a défini un protocole de traitements pour nettoyer les bâtiments publics, essentiellement à grandes eaux, en se protégeant", a-t-il expliqué. Pour les particuliers, il s'agit "de les traiter avec quelques précautions", a-t-i poursuivi. Il faut ainsi éviter de les manipuler, prendre des gants, les jeter et se laver les mains.


Les récoltes consignées en attendant des garanties sanitaires

Pierre-André Durand a indiqué que les cultures qui n'avaient pas été récoltées avant le 26 septembre ou qui l'avaient été mais étaient stockées à l'extérieur devaient être consignées jusqu'à l'obtention de garanties sanitaires. Il en va de même pour le lait fourni par des vaches qui étaient en pâturage, les oeufs de plein air et le miel.

"Pour les particuliers, il est recommandé de ne pas consommer les produits souillés", a indiqué le préfet. 


Des députés demandent l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire

Plusieurs députés de gauche ont réclamé samedi une commission d'enquête parlementaire sur l'incendie. "Il faut toute la vérité sur #Lubrizol. Comme pour #AZF il y a 17 ans, une commission d'enquête parlementaire doit être ouverte dès la semaine prochaine", a plaidé Olivier Faure, numéro un du PS, sur Twitter.

"Nous demandons une enquête parlementaire et une enquête administrative! Ce site a déjà connu plusieurs accidents (2013, 2015, 2019)", a tweeté le député LFI Eric Coquerel, se disant "en colère".

Une enquête judiciaire pour mise en danger d'autrui

Jeudi, quelques heures après l'incendie de ce site industriel classé Seveso seuil haut, une enquête judiciaire avait été ouverte du chef "de destructions involontaires par l'effet d'une explosion ou d'un incendie". Le parquet l'a élargie samedi au chef de mise en danger d'autrui.


 

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