Incendie de la cathédrale de Nantes : un bénévole du diocèse en garde à vue

Incendie de la cathédrale de Nantes : un bénévole du diocèse en garde à vue
La cathédrale de Nantes, le 18 juillet 2020.

, publié le dimanche 19 juillet 2020 à 13h35

Un homme travaillant comme bénévole pour le diocèse a été arrêté et placé en garde à vue après l'incendie de la cathédrale de Nantes en raison d'incohérences dans son emploi du temps. Il était chargé de fermer le bâtiment la veille du drame. 

L'enquête pour "incendie volontaire" après l'incendie samedi 18 juillet de la cathédrale gothique Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes avance.

Un homme travaillant comme bénévole pour le diocèse a été arrêté et placé en garde à vue, a indiqué dimanche le procureur de la République de Nantes.




Cet homme "était chargé de fermer la cathédrale vendredi soir et les enquêteurs voulaient préciser certains éléments de l'emploi du temps de cette personne", a déclaré à l'AFP Pierre Sennès. Les enquêteurs souhaitent également entendre cet homme "sur les conditions de fermeture de la cathédrale", a ajouté le procureur.

Le magistrat a souligné que "toute interprétation qui pourrait impliquer cette personne dans la commission des faits est prématurée et hâtive". "Il faut rester prudent quant à l'interprétation de cette garde à vue, c'est une procédure normale", a-t-il encore dit. 

En l'état de la procédure "il n'y a aucun élément qui rattache directement mon client à l'incendie dans la cathédrale", a déclaré à la presse en début d'après-midi Quentin Chabert, l'avocat du gardé à vue, un homme d'origine rwandaise.

Selon l'administrateur diocésain, le père François Renaud, "quelques dizaines de bénévoles" travaillent à la cathédrale mais le soir "l'inspection est faite par un salarié de la cathédrale". Selon lui "le bénévole n'a pas la clef de la cathédrale".


Accident ou piste criminelle ?

Rapidement circonscrit, l'incendie de la cathédrale a néanmoins détruit le grand orgue. L'hypothèse d'une piste criminelle a été rapidement privilégiée. Selon le procureur, "trois départs de feu" ont en effet été observés à l'intérieur de l'édifice, distants pour certains de 25 mètres. "Ce n'est pas le fait du hasard", estimait samedi M. Sennès.

"Quand vous arrivez sur un endroit où il y a un incendie, que vous voyez trois points de feu distincts, c'est une question de bon sens, vous ouvrez une enquête", a-t-il expliqué ensuite par téléphone à l'AFP, insistant sur le fait qu'"on ne peut pas laisser un événement comme celui-là sans qu'il y ait des investigations judiciaires". Pour autant, il "n'y a pas de conclusion à tirer maintenant", a-t-il insisté. Aucune trace d'effraction au niveau des accès extérieurs n'a été constatée, a-t-il indiqué un peu plus tard.  Selon le père Hubert Champenois, recteur de la cathédrale, "tout était en ordre hier (vendredi) soir". La cathédrale est habituellement ouverte au public de 8H00 à 19H00. "Chaque soir, avant de la fermer, une inspection très précise" est effectuée, a-t-il dit. 

 

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