Incendie de l'usine Lubrizol : quels sont les 9.000 tonnes de produits qui ont brûlé dans l'usine voisine ?

Incendie de l'usine Lubrizol : quels sont les 9.000 tonnes de produits qui ont brûlé dans l'usine voisine ?
Le site de l'usine Lubrizol incendié, le 27 septembre 2019.

, publié le samedi 05 octobre 2019 à 13h30

Parmi ces 9.000 tonnes de produits stockés dans l'usine Normandie Logistique, plus de 4.000 tonnes appartenaient à l'usine chimique Lubrizol, a indiqué la préfecture. 

Ce n'est plus 5.253 tonnes de produits qui ont brûlé dans l'incendie de l'usine Lubrizol, classée Seveso haut, jeudi 26 septembre à Rouen (Seine-Maritime), mais près de 14.000. En effet, selon des documents publiés par la préfecture de Seine-Maritime, plus de 9.000 tonnes de produits ont partiellement brûlés chez Normandie Logistique, l'entreprise mitoyenne de l'usine chimique incendiée. 

Des produits de Lubrizol et Total chez Normandie logistique

Parmi ces produits, figurent 4.157 tonnes de produits appartenant à Lubrizol, client de Normandie Logistique, et 139 tonnes de produits Total. "(Les produits de Lubrizol) étaient là de manière déportée, avant d'être rapatriés sur le site de Lubrizol", a précisé le préfet de Normandie, Pierre-André Durand, lors d'une conférence de presse vendredi 4 octobre, selon Le Monde. Il a également indiqué avoir ouvert une enquête administrative pour savoir si cette situation était "régulière ou pas".



Cette révélation ayant soulevée de nombreuses questions de la part des journalistes présents lors de la conférence de presse, le préfet a reconnu que la situation constituait "un point de vigilance", rapporte Le Monde. "Normandie Logistique n'a pas été en mesure de produire l'inventaire des produits ayant effectivement brûlé dans l'incendie", précise la préfecture sur son site internet. Les 9.050 tonnes de produits sont ceux qui étaient stockés dans les trois bâtiments de Normandie Logistique touchés par l'incendie du 26 septembre. Sur ces trois bâtiments, un a brûlé intégralement et deux partiellement. La répartition précise des produits ayant brûlé "n'est pas connue", indique la préfecture. Et ajouter : "l'enquête administrative en cours devra confirmer et préciser la nature exacte, les quantités et les caractérisations de l'ensemble de ces produits".



D'où est parti le feu ? 

"L'entrepôt n'est pas classé Seveso, car il n'y a pas de stockage de produits explosifs ou dangereux", a assuré Normandie Logistique dans un communiqué de presse.  Dans le quotidien régional Paris Normandie, Christian Boulocher, directeur général de Normandie Logistique, affirme qu'"à ce jour, aucun indice ne nous permet de penser que" l'incendie "puisse être parti de chez nous". La société Lubrizol laisse pourtant penser le contraire. Celle-ci dit se baser sur "la vidéosurveillance et des témoins oculaires", a elle affirmé que l'incendie avait vraisemblablement commencé à l'extérieur de son site, laissant penser qu'il pouvait venir de Normandie Logistique.



"Nous avons fait des constats et analyses qu'on a transmis aux services de police. S'agissant des horaires de déclenchement des détecteurs de fumée, ils ont eu lieu dans deux bâtiments distants de cinquante mètres, à deux minutes d'intervalle, orientés dans le sens du vent", explique Christian Boulocher. "Ces détections permettent de supposer que ce sont des fumées qui venaient d'ailleurs, a priori de l'extérieur, mais sans en tirer de conclusion. C'est à l'enquête de le déterminer", ajoute-t-il.

Christian Boulocher assure qu'"il n'y avait absolument personne dans nos entrepôts et nous n'avons pas constaté d'intrusion". Contacté, il n'a pas souhaité répondre aux questions de l'AFP. 
 

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