Incendie de l'usine Lubrizol à Rouen : Édouard Philippe étrille la communication de la société

Incendie de l'usine Lubrizol à Rouen : Édouard Philippe étrille la communication de la société
L'entrée de l'usine Lubrizol à Rouen, le 27 septembre 2019.

, publié le dimanche 06 octobre 2019 à 09h31

Le Premier ministre reproche à la direction de l'usine Lubrizol de Rouen d'avoir été trop lente à s'engager financièrement auprès des riverains frappés par le sinistre. 

"Je m'engage pour le gouvernement, pas pour les deux entreprises concernées par l'incendie. Lubrizol en particulier".

Dans une interview au Journal du Dimanche, le Premier ministre Edouard Philippe reproche à la direction de Lubrizol, site Seveso ravagé par un incendie jeudi 26 septembre a été "trop absente dans la communication", après le sinistre.  "C'est une grande entreprise, implantée à Rouen depuis longtemps. J'aurais aimé la voir plus prompte à s'engager pour accompagner financièrement les riverains qui ont subi des dommages", affirme le chef du gouvernement. 

"Nous l'avons dit à ses dirigeants, et l'entreprise semble le prendre en compte puisqu'elle vient d'annoncer des mesures. Cela doit se traduire très rapidement sur le terrain et j'y veillerai", ajoute-t-il, alors que la société s'est engagée vendredi à participer à la réparation des conséquences de l'incendie du 26 septembre.

"Je ne vais renoncer à dire tout ce que nous savons"

Alors que la communication de crise du gouvernement a été montrée du doigt, Edouard Philippe admet qu'"on peut toujours mieux faire", mais il met en avant un "souci de transparence" qui a été "immédiat". "Nous vivons une époque curieuse où la parole publique, comme celle des experts, est mise en cause", déplore le Premier ministre, rappelant notamment qu'il est lui-même né à Rouen et qu'il a "vu les conséquences de l'incendie, spectaculaire, je suis bien placé pour comprendre les inquiétudes". "Je ne vais pas renoncer à dire tout ce que nous savons et à reconnaître ce que nous ne savons pas pour complaire aux complotistes et aux marchands de peur", ajoute-t-il.

Le repérage des toxines prendra du temps

Interrogé sur la publication des analyses, il répond que "tous les résultats disponibles sont publiés et la bonne nouvelle c'est qu'à ce stade ils sont rassurants". Mais, ajoute-t-il, "nous voulons faire toutes les analyses nécessaires, et certaines prennent du temps - notamment le repérage des dioxines".  "Mon engagement, c'est que tout soit rendu public. Tout", répète Édouard Philippe. Cette semaine, nous allons créer un comité pour la transparence, incluant les élus, les associations environnementales, les médecins, les agriculteurs et les industriels, pour suivre dans la durée les données concernant l'environnement et la santé". 

"Parallèlement, les enquêtes - judiciaire et administrative - diront pourquoi et comment l'incendie est arrivé", ajoute le chef du gouvernement. L'incendie volontaires est-il une piste crédible ? "Je n'exclus rien. Le gouvernement dit ce qu'il sait, ni plus, ni moins". 

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