Ils "remplissent leurs stocks comme jamais" : avant le Brexit, la demande anglaise provoque des bouchons de camions en France

Ils "remplissent leurs stocks comme jamais" : avant le Brexit, la demande anglaise provoque des bouchons de camions en France
(illustration)

publié le jeudi 03 décembre 2020 à 15h37

Aux embouteillages s'ajoutent les intrusions de migrants qui cherchent à monter dans les remorques pour rejoindre le Royaume-Uni.

"On n'est même pas encore au Brexit", et pourtant, c'est déjà le chaos sur les routes du Pas-de-Calais. La demande britannique, alors que la fin de la période de transition post-Brexit approche, provoque un important flux de camions vers le Royaume-Uni. Les routiers du nord de la France ont dénoncé jeudi 3 décembre une "gestion calamiteuse" du trafic, qui génère des embouteillages.

Les Britanniques "sont en train de remplir leurs stocks comme jamais" par crainte des droits qui risquent d'être imposés à partir du 1er janvier, quand la période de transition aura expiré, a affirmé le secrétaire général de la Fédération Nationale des Transports Routiers du Pas-de-Calais, Sébastien Rivéra. "Le plan de gestion du trafic n'est pas à la hauteur des enjeux et on n'est pas encore au Brexit, cela promet ! C'est catastrophique depuis deux semaines et cela le sera jusqu'à la fin de l'année", a ajouté Sébastien Rivéra. Des transporteurs qui travaillent avec la Grande-Bretagne depuis une trentaine d'années "n'ont jamais connu de tels volumes", rapporte-t-il. 

Depuis plusieurs semaines, la préfecture constate régulièrement un engorgement des axes en direction des plateformes transmanches -ports des ferries à Calais et Eurotunnel à Coquelles-, notamment de l'autoroute. Des files de poids lourds particulièrement longues s'allongent aux abords de Calais les mercredis et jeudis, jours traditionnellement marqués par la présence d'un plus grand nombre de camions, les chauffeurs cherchant à faire l'aller-retour avant le week-end.


Soulignant que les chauffeurs sont excédés par les embouteillages mais aussi par les intrusions de migrants qui en profitent pour tenter de monter dans les remorques, Sébastien Rivéra affirme que les "transporteurs n'en peuvent plus". "Certains qui ne font que du local se retrouvent avec une activité complètement bloquée", déplore-t-il, jugeant insuffisante la capacité de stockage de camions au port et près du tunnel. Le 19 novembre, un jeune migrant a été tué par une voiture sur l'autoroute près de l'entrée d'Eurotunnel, où la police était intervenue à plusieurs reprises pour disperser des migrants tentant de monter à bord de camions qui formaient une longue file. 

Selon la préfecture, environ 9.000 camions franchissent la Manche chaque jour dans chaque sens, contre 6.000 en moyenne habituellement.

Jeudi, ce sujet a été abordé au cours d'une visite à Calais du Premier ministre français Jean Castex. "La proximité du Brexit incite les passeurs et les migrants à choisir la voie la plus rapide, c'est à dire que nous sommes soumis à de véritables invasions qui bloquent le trafic", a expliqué Jacques Gounon, président de Getlink, exploitant du Tunnel sous la Manche.

Le Royaume-Uni a quitté l'Union européenne le 31 janvier dernier, mais reste soumis aux règles européennes durant une période de transition s'achevant à la fin de l'année. Sans accord pour régir leur relation, les deux parties échangeront selon les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane ou de quotas.

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