"Ils n'ont rien fait" : Salah Abdeslam prend de nouveau la parole pour défendre certains de ses coaccusés

"Ils n'ont rien fait" : Salah Abdeslam prend de nouveau la parole pour défendre certains de ses coaccusés
Croquis de Salah Abdeslam au premier jour du procès des attentats du 13-Novembre, le 8 septembre 2021.

publié le jeudi 09 septembre 2021 à 14h30

Au deuxième jour du procès des attentats du 13-Novembre, l'unique survivant des commandos a de nouveau provoqué la cour d'assises en prenant intempestivement la parole pour dédouaner ses coaccusés. 

Présenté comme mutique depuis son arrestation en mars 2016, Salah Abdeslam enchaîne les déclarations depuis l'ouverture du procès des attentats du 13-Novembre. Après s'être présenté mercredi 8 septembre comme un "combattant de l'Etat islamique" et hurlé pour dénoncer ses conditions de détention, le seul survivant des commandos a de nouveau intempestivement pris la parole jeudi, au deuxième jour du procès à Paris, pour dédouaner trois de ses coaccusés. 



Alors que la cour était en train de débattre sur les demandes de constitution de parties civiles, et donc de savoir si certaines victimes sont légitimes pour se constituer au regard du droit, Salah Abdeslam s'est levé dans le box pour prendre la parole. "Est-ce que les victimes qu'il y a eu en Syrie et en Irak, est-ce qu'elles pourront prendre la parole ? Il y a d'autres victimes, à Molenbeek...", a-t-il vitupéré, cheveux sombres coiffés en arrière, vêtu d'un pull blanc avec des rayures de couleurs. "En principe, on est présumé innocent avant d'être jugé (...) même si je ne cautionne pas votre justice", a-t-il lancé. 

"On sort du débat, M. Abdeslam", l'a coupé une première fois le président de la cour d'assises spéciale, Jean-Louis Périès. "Ne soyez pas égoïste, Monsieur", a rétorqué l'accusé de 31 ans, "il y a d'autres personnes ici qui veulent m'écouter". "Il y a des gens généreux, Mohamed Amri, Hamza Hattou, Ali Oulkadi, ils m'ont rendu des services alors qu'ils ne savaient rien du tout. Ces gens-là ils sont en prison et ils ont rien fait!", a-t-il lancé avant que son micro ne soit coupé. Il s'agit de trois de ses proches l'ayant aidé lors de sa cavale après les attentats du 13-Novembre.

"Vous avez eu cinq ans pour vous expliquer, vous n'avez pas souhaité faire de déclarations comme c'est votre droit. J'ai compris maintenant que vous vouliez le faire, et c'est très bien, mais ce n'est pas le moment", s'est agacé Jean-Louis Périès, avant de suspendre l'audience. 
 
La journée de jeudi doit être comme la veille consacrée uniquement à l'appel des parties civiles. La cour doit notamment procéder à l'examen d'éventuelles nouvelles constitutions, qui pourraient ainsi s'ajouter aux près de 1.800 personnes souhaitant faire reconnaître leur qualité de victime dans ce dossier titanesque. 
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.