"Il m'a eu" : le "gilet jaune" revient sur son échange tendu avec Emmanuel Macron

"Il m'a eu" : le "gilet jaune" revient sur son échange tendu avec Emmanuel Macron
Emmanuel Macron le 16 juillet 2020 à l'Elysée
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, publié le jeudi 16 juillet 2020 à 17h30

Richard Z. a rencontré par hasard Emmanuel Macron le 14 juillet aux Tuileries.

Ce "gilet jaune" de 48 ans a interpellé le chef de l'Etat dans un échange tendu, devenu viral sur les réseaux sociaux. Il est revenu sur cette altercation de quelques minutes. 

Il est tombé sur lui "par hasard". Richard Z, un "gilet jaune" de 48 ans, a interpellé Emmanuel Macron mardi 14 juillet aux Tuileries à Paris, alors qu'il rentrait de la manifestation en soutien aux soignants. S'en est suivi une altercation avec le chef de l'Etat. Filmée, la scène est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux. 

Interrogé par Le Parisien et BFMTV le lendemain de cette rencontre, le Saint-Quentinois est revenu sur cet échange tendu avec le président, exposant les raisons pour lesquelles il a décidé de le solliciter. Ce cariste, père de cinq enfants, dénonce notamment les violences policières et l'attitude d'Emmanuel Macron vis-à-vis des revendications des "gilets jaunes".

Violences policières et réforme des retraites

"C'est moi qui lui parle le premier", a confié Richard à BFMTV. Ce mardi après-midi, il est tombé sur le président de la République aux Tuileries, avec Brigitte Macron, alors qu'il était avec un groupe de "gilets jaunes". 

Pendant l'échange, le groupe a exhorté le président à "virer la Brav", ces brigades de répression de l'action violence motorisées, créés en 2019 pour intervenir dans les manifestations des "gilets jaunes" à Paris. 




Quelques minutes auparavant, le manifestant raconte avoir reçu du gaz lacrymogène place de la Bastille, alors qu'il participait au cortège en soutien aux soignants. "C'est vrai que je ne suis pas dans mon état normal à ce moment-là", a confié le quadragénaire, qui affirme s'être adressé au chef de l'Etat "sans aucune animosité, même si je ne l'aime pas du tout". Emmanuel Macron échangera ensuite particulièrement avec lui. 

"Je lui dis : 'Monsieur le président, arrêtez avec la Brav, supprimez la Brav, parce que ce que je l'ai vue il y a encore une heure, c'est insupportable", a témoigné Richard. 

Auprès du Parisien, il a raconté également que dans le "tohu bohu" de la discussion, il a abordé avec Emmanuel Macron la question de la réforme des retraites, alors que le chef de l'Etat a répété mardi que la France ne pouvait en faire "l'économie". 

Celui qui insiste sur le fait qu'il déteste le président a reconnu que ce dernier a un "bagou". "Il m'a eu, c'est clair. A la fin, le ton est redescendu. Je n'arrivais même pas à le maudire", a-t-ajouté. "Je pense qu'il a fait exprès de venir voir le gueulard de la bande", a soufflé Richard, estimant ne "pas faire le poids face au président", et regrettant que d'autres figures des "gilets jaunes" n'aient pas eu l'occasion de s'entretenir avec lui pour lui exposer leurs idées, comme Jérôme Rodriguez, figure emblématique du mouvement. 

A la suite de cet échange,Richard a expliqué qu'il a fini au commissariat pendant "plus de quatre heures", pour un contrôle d'identité, sans rapport avec sa discussion, dénonçant une procédure abusive. 
 

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