Ibis Batignolles : les femmes de chambre en grève depuis un mois

Ibis Batignolles : les femmes de chambre en grève depuis un mois
Au lieu de "trois chambres et demi à faire en une heure", les grévistes veulent descendre à "trois chambres par heure". Illustration.

Orange avec AFP-Services, publié le samedi 17 août 2019 à 19h23

Après un mois de grève de femmes de chambre à l'hôtel Ibis Batignolles, à Paris, une trentaine de personnes se sont rassemblé samedi 17 août à midi devant les portes de l'établissement. 

Elles sont en grève depuis un mois. Les femmes de chambres du deuxième plus grand hôtel Ibis de France, l'Ibis Batignolles, à Paris, se sont rassemblée samedi devant les portes de l'établissement une nouvelle fois. 

La trentaine de personnes rassemblée demandait une baisse des cadences de travail. "On est là, on est là", "Qu'est-ce qu'on veut? Nos droits", "STN voyou": accompagnées de sifflets et tambours, les femmes de chambre du sous-traitant STN, rejointes par des salariés d'autres entreprises, manifestaient malgré la pluie leur colère contre "le mal de dos" et "la maltraitance de la sous-traitance".



"Les heures supplémentaires ne sont pas payées", alors qu'on leur ordonne de nettoyer davantage de chambres explique Djeneba Diallo, en poste depuis "un an et trois mois". 21 chambres sont prévues "par jour et pour six heures de travail" dans le contrat. "Si on ne veut pas, ils nous menacent. On doit faire 36, 37 chambres par jour...", ajoute-t-elle.

Être payé "par heures"

Au lieu de "trois chambres et demi à faire en une heure", les grévistes veulent descendre à "trois chambres par heure", précise Mama Ndiaye, qui souffre d'une tendinite après "dix ans" à l'Ibis Batignolles. Et "une grande chambre" devrait valoir "deux chambres", complète Rachel Keke, militante comme ses collègues à la CGT des hôtels de prestige et économiques (CGT-HPE), le syndicat qui soutient le mouvement. "On veut aussi une pointeuse pour être payées par heure de travail et non par le nombre de chambres", poursuit Mme Keke, également affligée d'une tendinite à un bras.

Alors que l'hôtel de "706 chambres est plein à craquer" en cette période de congés d'été, tous les jours "sauf le dimanche", les grévistes viennent manifester devant l'établissement, raconte Mme Keke. La réaction des clients ? Certains "nous insultent", mais d'autres "nous comprennent, nous encouragent, mettent de l'argent dans la boîte" de la cagnotte de soutien, souligne la militante, "prête à continuer" la grève "jusqu'à ce qu'on ait satisfaction".

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