Hubert Germain, le dernier compagnon de la Libération, est mort

Hubert Germain, le dernier compagnon de la Libération, est mort
Hubert Germain à Paris, le 26 novembre 2020.

publié le mardi 12 octobre 2021 à 18h12

Emmanuel Macron présidera la cérémonie d'inhumation du dernier des compagnons de la Libération, ces 1.038 femmes et hommes qui ont œuvré à la libération de la France pendant la Seconde guerre mondiale.

C'est une page de l'histoire de France qui se tourne. Âgé de 101 ans, Hubert Germain, le dernier des compagnons de la Libération encore en vie, est décédé, a annoncé mardi 12 octobre la ministre des Armées Florence Parly.

"Je voudrais d'abord vous informer du décès d'Hubert Germain, notre dernier compagnon vivant de la Libération (...) C'est un moment important de notre histoire", affirmé Florence Parly lors d'une audition devant la commission de la Défense du Sénat.

Il sera inhumé au Mont-Valérien, lieu d'exécution de résistants et d'otages durant la Seconde guerre mondiale, devenu mémorial sous l'impulsion du général de Gaulle.

C'est Emmanuel Macron qui présidera le 11 novembre la cérémonie, qui se tiendra à l'Arc de Triomphe et au Mont-Valérien, a annoncé l'Élysée. Auparavant, le chef de l'État rendra hommage lors d'une cérémonie qui se déroulera dans les prochains jours aux Invalides à Hubert Germain, qu'il a qualifié de "figure de proue de la France libre" ayant "incarné un siècle de liberté".

Le président a également réagi sur Twitter. "Hubert Germain, le dernier des 1038 Compagnons de la Libération, est mort. Le Mont Valérien accueillera le corps de ce résistant de la première heure, héros de Bir Hakeim et du Débarquement de Provence, qui reconquit notre liberté et reconstruisit notre patrie", a-t-il écrit.


Père des Forces françaises libres (FFL), Charles de Gaulle avait créé l'Ordre de la Libération en novembre 1940 pour "récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l'œuvre de libération de la France et son empire". L'Ordre est forclos depuis 1946. 

Les derniers compagnons, distingués pour leur engagement de la première heure au sein de la France libre, ont disparu les uns après les autres au cours de la décennie passée. Seules 1.038 personnes, dont six femmes, ont reçu le titre de compagnon de la Libération.

Ancien député gaulliste et ministre de Georges Pompidou, ce résistant avait fêté le 6 août son 101e anniversaire. Fils d'un général des troupes coloniales, Hubert Germain passait le concours d'entrée de l'école navale à Bordeaux au moment de la débâcle du printemps 1940. "Au bout de cinq minutes, je me suis dit: 'Mais qu'est-ce que tu fais là ?'", expliquait-il en 2018. "Je me suis levé en disant à l'examinateur: 'Je pars faire la guerre'". Il embarque à Saint-Jean-de-Luz, à bord d'un navire transportant des soldats polonais à destination de l'Angleterre et arrive à Londres le 24 juin 1940. Il intègre la Légion étrangère et combat en Syrie, en Libye où il est engagé dans les combats de Bir Hakeim, en Égypte, en Italie, en Provence, dans les Vosges et en Alsace. Il est blessé et décoré par le général de Gaulle fin juin 44 en Italie.

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