Hôpitaux de Paris: la dette va gonfler pour financer les grands projets immobiliers

Hôpitaux de Paris: la dette va gonfler pour financer les grands projets immobiliers

Martin Hirsch, président de l'AP-HP, le 17 octobre 2017 à l'Elysée, à Paris

A lire aussi

AFP, publié le dimanche 10 décembre 2017 à 12h11

La dette de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) va augmenter de 30% en cinq ans afin de financer les investissements prévus, notamment les projets immobiliers, selon les documents budgétaires qui seront soumis pour avis aux syndicats lundi.

Le montant total de la dette doit passer de 2,3 milliards d'euros cette année à près de 3 milliards en 2022, selon le plan global de financement pluriannuel (PGFP) qui sera examiné en comité technique d'établissement et dont l'AFP a obtenu copie.

Ce recours à l'emprunt, que l'AP-HP considère "maîtrisé", doit compenser la chute des ressources financières après l'explosion du déficit en 2017, en partie à cause d'une baisse des dotations de l'Etat.

Le plus grand centre hospitalier français espère ainsi pouvoir mener à bien son programme d'investissements: 2,4 milliards d'euros de dépenses sont prévus dans les équipements médicaux, l'informatique et surtout les travaux, dont plus d'un milliard pour des restructurations immobilières.

L'AP-HP assure que "cette trajectoire n'est pas remise en cause", son directeur Martin Hirsch, affirmant en outre dans une lettre aux personnels datée du 30 novembre que "ces investissements sont vitaux" et "nos tutelles (...) ne nous ont pas demandé de (les) revoir à la baisse".

Mais "l'Etat ne veut pas nous aider", déplore Cathy Le Gac, du syndicat Sud, rappelant que certains projets répondent pourtant à une "injonction politique", comme le futur hôpital Paris-Nord voulu par François Hollande.

"On se retrouve le bec dans l'eau", regrette Jean-François Mussard, de la CFDT, soulignant qu'"il va bien falloir trouver de l'argent" en plus des emprunts.

Une partie de la somme nécessaire proviendra de la vente d'immeubles, logements et terrains appartenant à l'AP-HP, qui table sur 300 millions d'euros en cinq ans grâce à "la politique dynamique de valorisation de son patrimoine".

Plusieurs cessions d'envergure sont imminentes, sur les sites parisiens de la Pitié-Salpêtrière, Necker et de l'ancien hôpital Broussais, ou encore au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), selon un document interne.

Ailleurs, des fermetures totales ou partielles d'hôpitaux ont été engagées à Garches (Hauts-de-Seine), Bondy (Seine-Saint-Denis), Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), Draveil (Essonne), mais aussi dans Paris, sur les sites de Fernand Widal et de l'Hôtel-Dieu, offrant de nouvelles opportunités foncières.

"Le recours à l'emprunt est un cercle vicieux", estime Rose-May Rousseau, de la CGT, pour qui "c'est le patrimoine social qui est utilisé pour payer la dette".

 
6 commentaires - Hôpitaux de Paris: la dette va gonfler pour financer les grands projets immobiliers
  • pas de problème, l'Etat financera parce que c'est Paris!!
    Que dire des 50 millions d'euros de déficits accumulés depuis des années par notre hôpital de Bastia où il a fallu fermer des salles d'opération et envoyer les malades sur le continent!!!!

  • Il faut si les travaux doivent être réalisés;;; Il faut qu'ils soient reconnus et acceptés par des hommes compétents et bons en techniques.

  • Ce serait bien mieux de privilégier les hôpitaux aux centrales nucléaires et les EPR qui nous ruinent et mettent nos vies en danger

  • Ils n'ont qu'à supprimer les 35 heures s'ils veulent faire des économies...

  • avatar
    Strategique  (privé) -

    Ce recours à l'emprunt, que l'AP-HP considère "maîtrisé", doit compenser la chute des ressources financières après,
    l'explosion du déficit en 2017, en partie à cause d'une baisse des dotations de l'Etat. Et cette phrase résume bien,
    La mauvaise politique de santé suivie depuis trop longtemps. Pour y pallier, des fermetures sont prévues ? Donc,
    Pour soigner ce mal on va agoniser d'autres sites en déshabillant Pierre pour Rhabiller Paul. Avec des économies ?
    On se pose toujours la question: Les économies seront néfastes pour qui ? Mais bien sur pour les assurés sociaux !

  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]