Hôpital: 600 manifestants à Paris pour la "marée blanche" de SUD

Hôpital: 600 manifestants à Paris pour la "marée blanche" de SUD
Manifestation à l'appel de SUD Santé-sociaux pour dénoncer les conditions de travail et le manque de moyens dans les hôpitaux, le 15 mai 2018 à Paris

AFP, publié le mardi 15 mai 2018 à 19h17

Une "marée blanche" à l'appel de SUD Santé-sociaux a réuni mardi à Paris 600 personnes qui ont dénoncé les conditions de travail et le manque de moyens dans les hôpitaux, certains bloquant brièvement la circulation sur les Champs-Elysées, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Cette manifestation contre "l'hostérité" devait "permettre à tous les hospitaliers, soignants et administratifs, d'exprimer leur ras-le-bol d'un système en décrépitude", a rappelé Olivier Mans, secrétaire fédéral de SUD Santé-sociaux, à l'AFP.

En milieu de journée sur l'esplanade des Invalides, 600 manifestants étaient rassemblés selon le syndicat, autant selon la préfecture de police.

Au milieu des blouses blanches et entre deux pancartes "En grève nous sommes désabuzyn" et "Urgences en colère y'en a marre de la galère", Lionel Lebourg, élu SUD à l'hôpital psychiatrique Pierre Janet du Havre, a expliqué que "les conditions de travail sont devenues exécrables".

"On tourne environ à 120% de remplissage, on en arrive à mettre des patients sur des matelas par terre, parfois on n'a même plus assez de matelas et les gens passent la nuit sur des poufs", a-t-il raconté. "Les perspectives qui nous sont proposées, c'est de faire des économies à coup de milliards d'euros sur la santé, c'est inacceptable".

Plusieurs députés étaient également présents, dont les Insoumis Caroline Fiat, Clémentine Autain, Adrien Quatennens et Eric Coquerel, ainsi que le centriste Jean Lassalle.

Une partie des manifestants s'est ensuite dirigée en début d'après-midi vers l'avenue des Champs-Elysées, où ils ont brièvement bloqué la circulation automobile, a constaté un photographe de l'AFP.

Les deux cortèges, d'où émergeaient quelques drapeaux de la CGT et de l'Unef, ont fini par converger pour rejoindre le ministère de la Santé, où de nombreux CRS étaient positionnés. 

"Buzyn, t'es foutue, l'hôpital est dans la rue", ont crié des manifestants devant le ministère, avant de s'allonger sur le sol pour symboliser les soignants qui se "tuent" à la tâche, scandant: "les sous effectifs, ça me tue, la tarification à l'activité ça me tue, les suicides des collègues, ça me tue".

Une délégation a été reçue au ministère par des "sous-directeurs" de la direction générale de l'offre de soins (DGOS), mais est ressortie "sans qu'aucune réponse n'ait été apportée", selon Marie-José Faligant, déléguée CGT du centre hospitalier d'Angers.

"On nous a dit que M. Macron allait faire des annonces avant l'été", mais "la mobilisation elle est là, la ligne rouge est dépassée", a-t-elle dit, assurant que les hospitaliers seraient "présents" dans les cortèges de la fonction publique la semaine prochaine.

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