Homme tué à Pau : le suspect a reconnu les faits et est placé en garde à vue pour assassinat

Homme tué à Pau : le suspect a reconnu les faits et est placé en garde à vue pour assassinat
Des policiers se tiennent devant le centre d'accueil des réfugiés de Pau dont un responsable a été tué, le 19 février 2021.

, publié le samedi 20 février 2021 à 12h15

L'homme, un Soudanais de 38 ans dont l'autorisation provisoire de séjour en France avait été supprimée, a expliqué aux enquêteurs qu'il "nourrissait des reproches" à l'égard du Centre d'accueil pour demandeurs d'asile de Pau, considérant "que sa situation n'a pas été correctement traitée".

Après la mort, vendredi 19 février, d'un responsable du Centre d'accueil pour demandeurs d'asile de Pau (Pyrénées-Atlantique), poignardé à plusieurs reprises, l'auteur présumé des coups, un Soudanais de 38 ans qui a reconnu les faits, a été placé en garde à vue pour assassinat, a annoncé samedi 20 février la procureure de la République de Pau Cécile Gensac. Il sera déféré dimanche "en vue d'une mise en examen pour assassinat et d'un placement en détention provisoire", a-t-elle indiqué. Le suspect n'était "ni signalé ni fiché dans le cadre de la radicalisation violente, et les éléments recueillis permettent d'écarter toute intention terroriste", a-t-elle ajouté.


L'auteur présumé des faits est un homme "de nationalité soudanaise, né en 1983 et donc âgé de 38 ans, qui avait été suivi par le centre d'accueil pour demandeurs d'asile il y a quelques années mais qui n'était plus logé dans l'une de leurs structures", a indiqué la procureure. "Entré en France en 2015, il bénéficiait de la protection subsidiaire internationale sur décision de la Cour nationale du droit d'asile.

L'autorisation provisoire de séjour, dont il bénéficiait légalement (...) lui valait un titre jusqu'au 9 novembre 2020. Sur demande de la préfecture, il a été convoqué à deux reprises par l'Ofpra (Office français de protections des réfugiés et apatrides, ndlr) en vue de la suppression de son statut de protection suite aux condamnations pénales prononcées" à son encontre, a-t-elle ajouté. 

Le Soudanais a expliqué aux enquêteurs qu'il "nourrissait des reproches" à l'égard de la structure d'accueil de Pau, a expliqué la procureure. Il considérait "que sa situation n'a pas été correctement traitée". Il était venu vendredi dans le centre d'accueil pour "obtenir de la structure et donc de la victime un papier (...) afin de permettre son maintien sur le territoire national" et éviter de retourner au Soudan, a précisé Cécile Gensac. Il était déjà venu "trois fois dans la semaine en cours" dans le centre, où il avait été pris en charge par le passé.

La victime, un père de famille de 46 ans, était un travailleur social expérimenté et le chef du service Asile du centre d'accueil. "C'est un choc très important pour la ville, pour l'association", a réagi vendredi le maire de Pau, François Bayrou. Une cellule de soutien psychologique a été ouverte pour le personnel du centre.

Implanté de longue date à Pau, le Centre d'accueil pour demandeurs d'asile compte, selon son site, 257 places et offre aux demandeurs d'asile et réfugiés un "accompagnement global mais adapté à chaque situation familiale ou personnelle". Il propose aussi des hébergements dans différents quartiers de la ville.

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