Hirondelles, moineaux, alouettes... 43 espèces d'oiseaux sont menacées en France

Hirondelles, moineaux, alouettes... 43 espèces d'oiseaux sont menacées en France
Des oiseaux sur une ligne à haute tension.
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publié le lundi 31 mai 2021 à 12h20

Les activités humaines sont responsables de ce déclin : artificialisation des sols, pollution, utilisation de pesticides...

En ville comme à la campagne, il y a de moins en moins d'oiseaux en France : les populations s'effondrent à cause des activités humaines, alertent lundi 31 mai des scientifiques. Hirondelles, moineaux friquet, alouettes des champs, perdrix....

Pas moins de 43 espèces sont en déclin, déplorent-ils.

Entre 1989 et 2019, des ornithologues bénévoles ont suivi l'évolution des populations de 123 espèces d'oiseaux les plus communes en France, via le programme de Suivi temporel des oiseaux Communs (STOC), car elles constituent un bon indicateur de l'état de la nature. En 2018 déjà, le Muséum national d'histoire naturel (MNHN) et le CNRS tiraient la sonnette d'alarme, parlant d'un déclin à "un niveau proche de la catastrophe écologique". Trois ans plus tard, le MNHN, l'Office français de la biodiversité (OFB) et la Ligue de protection des oiseaux (LPO) ne sont guère plus optimistes, avec 43 espèces en déclin, une quarantaine stable et 32 en expansion.



Des oiseaux familiers des villes, comme les hirondelles ou les moineaux friquet sont "en fort déclin", selon un communiqué. En cause : "l'artificialisation toujours plus forte", la pollution et les rénovations de bâtiments qui les privent de cavités où nicher. Plus globalement "cette faune si familière est en fort déclin  : 28% d'oiseaux en moins depuis 1989".

La situation est pire pour les oiseaux des milieux agricoles, comme "l'alouette des champs et les perdrix, qui ont perdu près du tiers de leurs effectifs en 30 ans". "Le modèle agricole intensif développé après-guerre et encouragé par la PAC (Politique agricole commune) est en grande partie responsable, pour avoir fait disparaître ou transformé leurs habitats et pour avoir diffusé massivement des produits chimiques, dont les pesticides", "en particulier les néonicotinoïdes", estiment ces scientifiques qui soulignent la nécessité de pratiques agricoles plus vertes en pleine renégociation de la PAC.

Et si, en forêt, la situation est moins mauvaise avec une baisse des effectifs de 10% en 30 ans, les oiseaux doivent partout composer avec le changement climatique.

Pour lutter contre leur déclin, plusieurs choses ont fait leur preuve comme les réserves naturelles ou "des aides financières conditionnées 'scénarios verts' qui doivent être développées dans le projet de la nouvelle Politique agricole commune". La LPO, le MNHN et l'OFB demandent aussi "l'arrêt de l'utilisation massive et déraisonnée des pesticides, un soutien efficace à l'agro-écologie, une réduction de l'artificialisation des sols (...), un soutien à la stratégie nationale des aires protégées".

Les chercheurs mettent en garde contre la "fausse bonne nouvelle" de l'augmentation de populations de certaines espèces plus adaptables, comme le pigeon ramier ou la mésange bleue : elle "révèle en fait une uniformisation de la faune sauvage".
 

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