Héritage Hallyday: les deux clans s'affrontent autour d'un trust et de l'album posthume

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 Laura Smet et David Hallyday lors des obsèques de leur père, Johnny Hallyday, le 9 décembre 2017 à l'Eglise de la Madeleine, à Paris

Laura Smet et David Hallyday lors des obsèques de leur père, Johnny Hallyday, le 9 décembre 2017 à l'Eglise de la Madeleine, à Paris

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© AFP, ludovic MARIN

AFP, publié le vendredi 30 mars 2018 à 22h16

Les avocats des aînés de Johnny Hallyday, Laura Smet et David Hallyday, ont tenté vendredi de convaincre la justice de l'"urgence" à geler les avoirs du rockeur, décédé en décembre, et demandé un droit de regard sur son ultime album, ce que leur dénient son producteur, Warner, et sa veuve, Laeticia, en attendant que la bataille autour de l'héritage soit tranchée sur le fond.

Le rôle exact joué par Laeticia dans la succession de son mari a été l'un des points centraux des débats de près de quatre heures: les avocats de David et Laura s'interrogent sur sa qualité d'"exécuteur testamentaire", alors qu'elle est aussi l'unique bénéficiaire du ou des trusts mis en place par le chanteur en 2014. Ces structures juridiques complexes de droit américain réunissent ses actifs (biens immobiliers et droits artistiques).

"On finit par s'y perdre" et ne plus "savoir exactement comment les choses s'articulent", a déploré Me Emmanuel Ravanas, avocat de Laura Smet.

"On nous dit: il fallait agir" en justice "contre le +trustee+", le gestionnaire des actifs, et non contre Laeticia, simple "bénéficiaire de tout ça", note Me Carine Piccio, l'une des avocates du fils du chanteur.

Mais "ce qu'on a appris depuis" la première audience le 15 mars devant le tribunal de Nanterre, qui avait été repoussée à vendredi, "c'est qu'il n'y a pas de +trustee+!", s'étrangle son confrère Me Ravanas. "On nous a précipités au bord d'un précipice qui s'appelle déni de justice", estime l'avocat.

La partie adverse a cependant assuré qu'un "trustee" serait "trouvé dans les prochains jours".

- "Urgence à agir" -

Pour Me Pierre-Jean Douvier, l'autre avocat de David Hallyday, "il y a urgence à agir avant la mise en trust des biens" car "une fois les actifs mis en trust, on se retrouve devant un coffre-fort".

Revenant sur "la ligne directrice" des six testaments consécutifs du rockeur, décédé le 5 décembre, Me Piccio a noté "une réduction testament après testament de la part réservataire des enfants de Jean-Philippe Smet", jusqu'à ses ultimes volontés exprimées en juillet 2014.

L'avocate a également pointé en Laeticia "une communicante hors pair" qui "manipule l'opinion publique et les débats". "En 15 jours, on a assisté à un déballage médiatique sans précédent. Mais venir ternir l'image (du chanteur) pour redorer le blason de Mme Boudou", le nom de jeune fille de Laeticia Hallyday, c'est "scandaleux", a estimé l'avocate.

"On essaie de bâtir une histoire, l'histoire d'un homme fragilisé, faible, accaparé par sa belle-famille aux seules fins d'une main-mise sur sa fortune", a rétorqué Me Ardavan Amir-Aslani, conseil de Laeticia Hallyday.

Certes, les dispositions testamentaires successives "vont effectivement dans une seule direction, vers sa femme", mais "est-ce que c'est interdit, immoral?", a-t-il interrogé.

Le trust JPS (pour Jean-Philippe Smet), mis en place en juillet 2014, était géré par le chanteur jusqu'à sa mort et devait, selon ses dernières volontés, bénéficier à son décès à sa veuve, puis à ses filles Jade et Joy à la disparition de leur mère. Ce montage financier complexe, très courant dans les pays anglo-saxons, était pensé pour "protéger Laeticia et ses enfants" au décès du chanteur, explique celui qui a été son avocat pendant près de huit ans.

- "Droit d'écouter" -

Outre son patrimoine, l'album que le "Taulier" avait presque achevé à sa mort a également été évoqué dans les débats.

L'artiste avait travaillé une grande partie de l'année 2017 sur ce 51e album studio, qui doit sortir courant 2018. Une dizaine de chansons ont été enregistrées mais les aînés de l'ex-"idole des jeunes" demandent au préalable un droit de regard sur cet album.

"Ce que nous demandons, c'est de pouvoir écouter (l'album) et après avoir écouté, éventuellement d'en tirer des conséquences", a expliqué hors audience Me Emmanuel Ravanas, avocat de Laura.

L'avocat de Warner Music France Eric Lauvaux a opposé une fin de non-recevoir: "Johnny Hallyday a validé l'ensemble des compositions musicales qui figurent sur l'album, il a choisi les compositeurs". "Warner Music est le propriétaire des enregistrements et nous enjoindre de remettre ces enregistrements n'a aucun fondement", a-t-il ajouté.

Le tribunal rendra sa décision le 13 avril.

David et Laura ont parallèlement engagé une autre action devant le TGI, qui elle pourrait prendre des années, pour dénoncer le caractère illégal des dernières volontés de leur père, qui selon eux les "déshéritent".

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